Calendrier de l’Avent : conte du 3 décembre

Le général Méday commandait une petite armée de fourmis. La reine lui avait confié la surveillance du domaine de la fourmilière. Ce général avait étudié dans une prestigieuse école de fourmis. Il connaissait par cœur les lois de la discipline et les techniques militaires. Alors ce ne fut pas très compliqué pour lui de faire respecter l’ordre et d’interdire à tout ennemi de s’approcher de trop près.
En raison de son sérieux et de ses capacités, la reine décida plus tard de l’envoyer au-delà de la fourmilière avec la mission de conquérir de nouveaux territoires afin de permettre à sa famille de s’étendre. Ce fut chose facile pour le général… Facile ? Non, pas vraiment ! Mais il fît savoir à la reine, en modifiant la vérité, que ses victoires étaient totales et que ses conquêtes se multipliaient. Oh ! Qu’on était contents dans la fourmilière. Les veilleuses saluaient les porteuses et les gardes prenaient garde de ne pas trop s’alarmer. Même dans la nurserie, on se racontait les bonnes nouvelles.
On décida à la cour de nommer le général Grand Maître du Peuple Fourmi. Qu’est-ce qu’il advint ? Le général avait-il perdu la tête ? Il affirma haut et fort que des ennemis voulaient anéantir leur fourmilière. Il se lança dans d’épiques batailles. Le grand nombre de victoires fit un grand nombre de victimes. On ne mène pas un combat sans y recevoir des blessures. Et quand il revint chez lui, le général qu’on n’appelait plus Grand Maître n’avait plus de forces. Il fut moqué, injurié et rejeté. On riait fort en le surnommant Napoléon.
La reine fut bien obligée de le disgracier et de l’envoyer au fin fond de la fourmilière pour que tout le monde l’oublie.

