
Notre angoisse se multipliait, s’enflait, éclatait et envahissait cet univers.
– Ça va durer encore longtemps ?
– On n’est pas encore arrivés ?
En fait, la peur gagnait ; la conscience de transgresser l’interdit commençait à nous étouffer, et sur l’horizon de nos pensées, de gros nuages noirs et douloureux apparaissaient à toute vitesse. Il était temps d’arriver.
Derrière un rideau de carolins, l’Adour attendait.
Tout se déroula très rapidement. Les chaussures, les chemises et les shorts volèrent dans tous les sens. Puis il y eut des plouf couronnés d’étincelles et des crises de rire hystériques.
Mes camarades remontaient aussitôt sur la berge pour se libérer du carcan de fraîcheur qui les tenait prisonniers quelques secondes quand ils immergeaient leur corps brûlant dans une onde presque froide.
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