
Un ami m’a proposé un jour de gravir le couloir Swan, la belle ligne verticale au fond du dièdre entre le Grand et le petit Astazou. Tout était prêt : les cordes, les piolets, les crampons, les vis à glace. Le froid était intense. Et puis… Et puis la veille du départ un orage puissant est arrivé d’Espagne. Mort du projet ! Cette ascension ratée reste dans ma mémoire comme un souvenir impérissable : j’avais étudié chaque mètres et j’avais l’impression réellement de les avoir gravis. La frustration s’est métamorphosée en rêve inachevé, mais en un rêve plaisant puisqu’il n’y avait pas eu d’échec ou d’erreur. Il en est souvent ainsi de nos plus beaux fantasmes.
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