Toupic 5/9


Avec l’encre de la seiche et une arête de poisson comme poinçon, Toupik a dessiné les trois visages de la divinité, le souriant, le triste et l’indifférent. Enfin sur les bords de l’os, il a attaché les plumes qui vont le relier aux esprits des parents et amis disparus. Toupik a regardé son masque avec fierté. Il a saisi son harpon, il est parti sans dire un mot à la famille. Il a marché longtemps sur les traces des hommes, puis il a trouvé la neige immaculée. Il a continué encore deux heures. Enfin arrivé sur une hauteur, il s’est arrêté et il a décidé de porter le masque poisson. En le posant au-dessus de son visage, il sera reconnu par les gens de l’autre monde. L’os de seiche lui cache la vue des hommes, mais il lui facilite le contact avec les murmures de l’autre partie, celle des absents. Du bout des doigts, il vérifie les contours du masque et compte les plumes qui y sont attachées. Une plume pour chaque membre de sa famille. Mais pas de plume pour son fils puisqu’il va revenir. Ils vont se retrouver ! Le chaman lui a murmuré la bonne nouvelle ce matin. « Ton fils sera riche d’une nouvelle énergie. Ta chair et ton sang retrouveront leur unité. »


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Publié par Jean-Marie Claudé

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