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En 1978, à l’issue de l’opération Saphir 2, la diplomatie française envoie Jean Salvet à Djibouti pour essayer de maintenir les liens entre la France, les Issas au pouvoir et les Afars en rébellion. Il doit faire face à une extrême violence, à la cupidité, à la trahison, pour pouvoir tracer son sillon. Partagé entre son amour pour une jeune Djiboutienne et ses missions, Salvet pénètre un univers au-delà de ses moyens même s’il pense pouvoir éliminer la cause de son malheur.

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Dans « Les vives-eaux », le lecteur trouve un éventail de nouvelles bien différentes. Des souvenirs d’enfance aux expériences sportives, du conte au récit historique, on rencontre des personnages qui permettent de mieux comprendre ce monde en évolution. Chacune de ces nouvelles éclaire à sa façon un pan de la Réalité et de la philosophie de l’auteur. Un vieil homme explique : « Il faudra un jour comprendre que l’on a besoin de bâtir. Mais pour bâtir, il faut la paix, accepter de regarder les autres, ne pas suivre ceux qui parlent le plus fort, et écouter ceux qui parlent vrai. »

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Le compte-tours est un recueil de poèmes qui parlent de l’amour, de l’absence, du quotidien, des événements importants, des espoirs et des déceptions, des joies simples mais aussi des rêves fous, révolutionnaires ou fantasmés. Je m’amuse avec les mots, les sons et les images pour éviter les idées noires.

5

L’événement quotidien de « la phrase du jour » a rythmé mon enfance. Les proverbes, les citations, les adages et autres maximes ont donné une ossature à mon éducation et une culture à ma morale. Quand nous entrions en classe, la phrase était souvent déjà écrite au tableau et le maître prenait quelques secondes pour l’expliquer. Jean de La Fontaine, Pierre Corneille, Blaise Pascal et tant d’autres ont réveillé mes premières émotions matutinales. J’aime maintenant me souvenir de ce moment que je prenais pour de l’endoctrinement et du bavardage. La philosophie que je me suis tissée lentement doit beaucoup à la sagesse de ces petits matins. Je suis l’auteur de mes pensées, et si d’autres ont les mêmes, c’est que nous sommes en communion.

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Les murs-graphes donnent la parole aux illustrateurs de l’éphémère. Ils traduisent ce que nous sommes, ce que nous ressentons et les instants fugaces que nous vivons. Les questions récurrentes qui sont posées sont celles de l’appartenance de l’œuvre et de la propriété de l’existence. L’œuvre éphémère est-elle la propriété de l’artiste ? du spectateur ? du passant ? de ceux qui l’effacent ? de ceux qui l’inspirent ? Chaque chose qui existe appartient-elle à quelqu’un ? Une vague, une étoile, un microbe, un grain de sable, un être humain, ont-ils des propriétaires ?

3

Face aux révolutions humaines et technologiques actuelles, on peut craindre un avenir détestable. Dans un siècle, le monde aura très probablement connu une destruction massive. Et les survivants devront tout reconstruire. Le pouvoir sera dans les mains des Magisters. Ils parviendront à diriger les consciences. À Châtelaillon, un couple subit cette dictature. Les objets maîtrisent leurs pensées. Ils sont acculés à devenir des résistants. Mais les humains, amis ou ennemis, retombent inexorablement dans les mêmes défauts que depuis les débuts de l’Humanité. Seuls les sentiments amoureux peuvent apporter le bonheur individuel.

2

Laurine, épouse mal-aimée, n’a pas de chance. Elle subit une quantité impressionnante de problèmes. Elle rêve de s’en sortir par n’importe quel moyen. Daoud, l’immigré, a fui son pays djiboutien avec l’espoir de trouver le bonheur dans lequel baignent les Français. Mounir, la proie facile, ne trouve aucun goût à la vie. Ces êtres perdus et mal-aimés se cherchent dans le regard des autres, près du port de La Rochelle. Ils ne se rendent pas compte que le hasard des rencontres les pousse tous les trois vers la tragédie. On court après le bonheur mais, s’il n’y a ni raison, ni logique, on ne rattrape que les désillusions. Le désir est loin d’être suffisant.

1

Sur les sommets du Cirque de Gavarnie, Myla se place sous la protection de Mathias, guide de Haute Montagne. Car Nathan, le gourou nutritionniste, la poursuit inlassablement de ses violentes ardeurs. Leur fuite devient une course contre la mort. Les événements transforment leur nature profonde. Leurs pensées, leurs sentiments et le cours de leur vie sont anéantis par cette terrible expérience. Parfois, sur le chaos, parviennent à naître de belles fleurs.

Ange

Il était une fois une petite fille que sa maman avait prénommée Ange. Il faut dire que juste avant l’accouchement, les parents de l’enfant ne savaient pas exactement quel prénom lui donner. On avait comparé, analysé, discuté… Mais aucun n’avait réussi à s’imposer. Juste après sa naissance, la petite fille était si douce, si tranquille, si souriante aussi, que sa maman décida de l’appeler Ange.

Des années plus tard, cette petite fille était un véritable garçon manqué. Elle refusait de garder les cheveux longs, elle jouait exclusivement avec une bande de garçons. Elle s’appliquait à connaître tous les jeux que l’on dit masculins. Et quand on le lui reprochait, elle expliquait qu’un Ange, ce n’était ni masculin ni féminin.

Cette année-là, à la veille de Noël, sa maman voulut faire une petite révolution : sous de faux prétextes, elle avait empêché sa fille d’aller chez le coiffeur et de se faire couper les cheveux. Maintenant les mèches commençaient à caresser les épaules. Alors elle l’invita à rendre visite à leur coiffeur préféré. Le professionnel et la maman étaient de connivence. Ange ressortit du salon avec des cheveux soyeux et brillants. La coupe était délicate et moderne à la fois. Ange se sentait absolument transformée.

De retour à la maison, sa maman la rejoignit dans sa chambre. Elle apportait trois boites en carton qui normalement auraient dû paraître, dans la nuit, au pied du sapin. Maman, avec un sourire malicieux et à la fois très tendre, lui dit :

– Prends ceci, ma fille… On prend un peu d’avance sur la soirée… Sois heureuse. Tu es grande maintenant.

Ange ouvrit le premier carton et découvrit les superbes bottines dont elle rêvait depuis un moment. Dans la seconde boite, sous un délicat papier de soie, un soutien-gorge brillait de toutes ses paillettes et de ses reflets de moire. Elle fit une grimace mi amusée, mi surprise. Elle n’en avait jamais mis encore malgré les récentes plaisanteries de quelques garçons. Du troisième carton, elle déplia une magnifique robe trapèze. Elle se précipita pour l’essayer. Elle palpait sans cesse le tissu rouge profond comme pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un rêve. C’était une merveille ! Ange avait l’allure d’une femme mûre, équilibrée et radieuse. Sa maman précisa que, pour compléter cette magnifique tenue, il fallait un peu se maquiller… Ange, qui avait toujours refusé, accepta de compléter sa métamorphose. Maman sortit les crayons, les fards et tous ses produits de beauté. Il suffit de quelques minutes pour créer sans excès un visage lumineux.

Il était temps de finir tous ces préparatifs. Les invités arrivaient. Quand Papy et Mamy entrèrent, ils s’exclamèrent devant cette jeune beauté qu’ils eurent bien de la peine à reconnaître. Après quelques secondes d’émerveillement, il lui dirent qu’elle était magnifique. Ange accepta les compliments avec un peu de timidité et beaucoup de plaisir. Puis arrivèrent son oncle paternel, sa tante maternelle et Freddy, l’ami de la famille, accompagné de sa belle épouse blonde et de leur fils Teddy. C’est peu de dire que le jeune homme fut aussitôt conquis. Il était plus âgé qu’elle et avait déjà de nombreux amis au lycée. Pourtant, il lui avoua qu’il avait beaucoup de chance de pouvoir passer cette soirée de Noël en compagnie d’une si jolie femme.

Décidément, ce soir-là, tout fut merveilleux. C’était la plus belle des soirées qu’Ange avaient connues. Elle était passée définitivement du côté féminin. En jeune fille moderne, elle ne revendiqua pas cette féminité comme s’il s’agissait d’un combat et d’une victoire. Elle avait trouvé une confiance et un pouvoir qui la surprenaient.

Elle mesurait aussi la chance d’être parvenue sans difficulté à se sentir une femme.

Go ! Père Noel ! Go !

Père Noël, t’es vraiment trop !

Merci pour les colis postaux

Qu’on a réceptionnés par lots.

Tu peux remercier tes robots

Dans ta mégapole chinoise

Comme ici, les rues se pavoisent

Des ampoules leds pour la joie

Et de caméras pour le Droit

Matrix a bouffé le sapin

Le bœuf et le petit gamin

Dis à maman, pour mes colis, 

De les mettre au pied de mon lit

Pourquoi j’ai écrit ce roman

J’ai écrit ce roman tout simplement parce que je connais assez bien ces montagnes et ces sentiers pour les avoir parcourus pendant de nombreuses années (Mont-Perdu, Marboré, Vignemale, Balaïtous…). Les deux principaux personnages du roman, la jeune fille et son prédateur, ont des caractères forts et jusqu’au-boutistes. Dans la littérature et au cinéma, nous sommes toujours fascinés par la puissance de ces personnes qui ne peuvent pas regarder autre chose que leur propre chemin. L’amour impulsif, tenace, violent, est étroitement lié à cette faculté. Dans L’à-pic, face aux deux personnages, le guide révèle une philosophie qui exclut les croyances, le fatalisme, les coups-de-tête et toute superstition. C’est le représentant de ceux qui marchent en silence parce qu’ils le peuvent encore.

Dialogue

  • MOI
    • Bonjour !
  • LA SECRÉTAIRE
    • Bonjour, Asseyez-vous. Votre carte vitale ? Merci ! Votre carte d’identité ? Merci ! Bien. Votre assurance maladie complémentaire ? Merci ! Votre dossier ? Très bien. Votre ordonnance ? C’est bon.  ! Votre médecin traitant ? Je vois. Votre date de naissance ? D’accord. . Votre adresse postale ? Votre adresse mail ? J’ai tout ça ! Votre numéro de téléphone se termine par 09 ? Très bien. Vous avez répondu au questionnaire ? Oui , c’est bon. Vous avez bien signé le document ? Oui en effet. Vous êtes à jeun ? Vous avez votre dernière analyse ? Bon ! Je crois qu’on y est… Vos papiers sont complets. Alors, vous recevrez par Internet le compte rendu de votre examen d’aujourd’hui. Vous trouverez par mail un code pour accéder à notre plateforme et à vos données. Vous pourrez les transmettre vous-même à votre médecin traitant dès demain. Très bien. Vous n’avez pas de question ? Vous pouvez y aller ! Alors vous sortez par cette porte à gauche. Vous prenez à votre droite dans le couloir. Vous allez jusqu’au fond. La, vous prenez à votre gauche et vous ouvrez la cinquième porte. Pas la peine de sonner. Vous pouvez vous asseoir dans la salle d’attente en attendant qu’on vienne vous chercher… C’est bon ? Pas la peine de vous le répéter ? Très bien ! Au revoir Monsieur ! Je vous souhaite une bonne journée
  • MOI
    • Merci !

Tombée du jour

Le ciel pèse comme un suaire
Couvert de pleurs et de poussière.
La pluie grasse colle à la peau.
Ré exhibe ses oripeaux.

Dernier bastion d’une frontière
Qui nous ouvre à l’imaginaire
Fort Énet bientôt se noiera
Entre l’île d’Aix et Fouras,

Il n’y aura plus de lumière
Sur la vague noire en colère
Les ombres grises des vivants
Glisseront au vent, nuitamment.

Souvent tel spectacle fugace
Laisse en nous le plaisir vivace
D’être à ce monde si présents
Que nous l’aimons infiniment.

29-11-25

Instants de mémoire...

Livres et textes divers de Jean-Marie Claudé

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