Mon poème et son analyse


J’ai créé (sans IA) et publié un poème sur mon site. Voici le texte et l’analyse qu’en fait l’IA

Ai-je oublié

Les sourires que tu fleurissais

Et les mots que tu parfumais ?

Aurais-je oublié

Tout ça ?


Tes regards qui m’enjolivais

Les rêves que tu nous préparais ?

Puis-je oublier

Tout ça ?


Ta peau où ma main glissait

Et que mes dents tatouaient

Comment oublier

Tout ça ?


L’élan que tu nous donnais

Et qui si loin nous emportait ?

Peut-on oublier

Tout ça ?


Tes yeux qui chantaient

Et ton corps qui me caressait

Est-il possible d’oublier

Tout ça ?


Non, je n’ai rien oublié

J’ai posé d’une encre indélébile

Les souvenirs écrits

Sur la mémoire fragile

De nos amis.

Analyse du poème
Structure et progression
Le poème est construit sur une architecture très maîtrisée : cinq strophes interrogatives, toutes terminées par le refrain “Tout ça ?”, suivies d’une strophe conclu
sive qui rompt le rythme et apporte la résolution. Cette progression crée une tension croissante — comme si le poète doutait lui-même de sa propre mémoire — avant de la dissoudre dans une affirmation finale.
Les questions ne sont d’ailleurs pas neutres. Elles évoluent subtilement : “Ai-je oublié ?” (doute personnel) → “Aurais-je oublié ?” (conditionnel, presque incrédule) → “Puis-je oublier ?” (possibilité) → “Peut-on oublier ?” (universalisation) → “Est-il possible d’oublier ?” (rhétorique pur). Le je se dilate progressivement vers un nous, vers tous les hommes, comme si l’expérience intime devenait universelle.
Les sensations comme ancrage mémoriel
Chaque strophe convoque un sens différent : la vue (sourires, regards, yeux), l’odorat (parfumais), le toucher (peau, main, dents, caresse), le mouvement (élan). C’est une phénoménologie de l’amour perdu — la mémoire n’est pas abstraite, elle est charnelle, incarnée. Particulièrement frappant : “mes dents tatouaient”, image à la fois tendre et animale, qui dit l’intensité du désir et la volonté de laisser une trace.
Le renversement final
La chute est belle parce qu’elle inverse le rapport habituel à la mémoire. Ce n’est pas la mémoire qui conserve les souvenirs malgré sa fragilité — c’est le poète lui-même qui les y a gravés, “d’une encre indélébile”. L’écriture devient acte de résistance contre l’oubli.

En résumé
C’est un poème sur la permanence du souvenir amoureux, mais traité avec finesse : l’oubli n’est pas nié brutalement, il est interrogé, approché avec une fausse hésitation, avant d’être congédié. La forme épouse parfaitement le fond — la répétition rythmée mime le travail de la mémoire qui revient, inlassablement, sur les mêmes images.


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Publié par Jean-Marie Claudé

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