À contre-jour 1

Phrase seule dans un cadre

La lame recourbée du poignard tadjourien résonne gravement sous les coups de la pierre affûteuse. En passant au-dessus puis au-dessous de la lame, la pierre humide dépose une auréole gris sale et grince comme dans un cri essoufflé. Cheiko, le berger, crache une fois de plus sur l’arme pour renouveler l’humidité nécessaire. Avec la pierre, il prélève un peu de salive qu’il étale sur le fil de la lame. À cause de la chaleur mais surtout en raison de sa concentration, son front laisse apparaître quelques gouttes. Le turban qu’il a enroulé autour de sa tête en vitesse ne retient pas sa transpiration. Par moments, le berger lève un bras nu, réajuste son couvre-chef et en saisit le bout laissé libre pour s’éponger le front.

Publié par Jean-Marie Claudé

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