de Jean-Marie Claudé

OOOOOOOOOOO
Douceur
J’avais une élève douce
Comme un matin de printemps
Elle posait cahiers et trousse
Et souriait presque tristement
Sa main parcourait les pages
De son précieux livre
En lents mouvements sages
Que J’aimais suivre
Son aura secrète
Faisait naître en moi
Un petit air de fête
Et une douce joie
Je n’étais ni son frère
Ni son ami, ni personne
Et je la regardais faire
Avant que la cloche ne sonne06-10-25
Ma chaise
Le vieux teck du canapé
A fait un gros malaise
Alors je dois me taper
Ma plus vieille chaise !
Elle a les couleurs
Des bois d’automne
Et les douces rondeurs
Que mon dos lui ordonne
Avec elle, je moissonne
D’innombrables heures
Sa paille jaune rayonne
D’un vieux bonheur
Son vernis s’écaille
Par ici ou par là
Et, depuis peu, s’émaille
De plus ternes éclats
Aux lampes tamisées
Elle gémit sous mon poids
Et prend des tons irisés
Quand je vais dans ses bras
04-10-25
Les Anciens
La longévité n’est pas gênante
Pour nous, elle n’est pas un problème :
Si l’eau du fleuve est bien différente
Le pont, lui, reste toujours le même.
Combat
Aux portes de l’indicible
J’ai ramassé quelques mots
Qui vous seront inaudibles
Si vous me quittez trop tôt
J’ai côtoyé des abîmes
Qui menaient à l’Acheron
Et j’ai regardé les cimes
Où chantaient les orphéons
J’ai couru vers ces lumières
Pour m’éloigner des bas-fonds.
Je n’avais pas de prières
Je devais lever le front
L’homme n’est ainsi que misère
Mais il détient dans son cœur
Une force étrange et fière
Pour n’aspirer qu’au bonheur.
19-03-25
Heureusement
Si nous n’avions pas
De soucis
De tracas
D’ennuis
De problèmes
Avec nos amis
Et nos « je t’aime »
Si nos parents
Nos enfants
Nos connaissances
Et nos références
Nous étaient indifférents
Oh ! que nous serions
Malheureux !
Nous en mourrions
D’ennui
Et de mélancolie.
Alors tant mieux
Si le ciel n’est pas toujours bleu !
Qu’il en soit ainsi !
Et que vive la vie !
24-02-25
Fous
Fous, fous, fous,
Vraiment fous les rois fous !
Meurs, meurs, meurs
Mon pauvre cœur rêveur !
Lourd, lourd, lourd,
Mon petit cœur d’amour
Et si vide
Mon triste cœur livide
Gris , gris, gris,
Mon brave cœur aigri
Dépité
Mon sage cœur de paix
Noir, noir, noir,
Mon sombre cœur d’espoir
Fous, fous, fous,
Vraiment fous les rois fous !
01/03/25
Grand complot
J’implose !
La vie n’est pas rose
Les Verts
Ne sont pas verts
Celui qui rit jaune
N’est pas jaune
Ta main verte
N’est pas verte
Et mes bleus
Ne sont pas bleus…
On nous ment
Tout le temps !
« Quand l’enfant paraît… »
Je retiens une date
Que je garde secrète
Mais j’avoue qu’il me tarde
D’en revivre la fête
C’est un temps de printemps
De soleil et d’amour
C’est l’instant d’un enfant
Qui découvre le jour
Et je suis tant heureux
Que tout est à l’envers
Les étoiles sont bleues
Au cœur du rayon vert
Je marche sur la tête
J’écrase les silences
Non, plus rien ne m’arrête
Je vole en Espérance !
Mots usés
Je t’ai trop souvent nommée « mon cœur »
Pour garder à ce mot sa candeur
Et trop souvent appelée « mon âme »
Pour lui laisser sa première flamme
Je t’ai trop souvent dit « ma chérie »
Pour raviver les débuts de notre vie
Et je t’ai trop chanté des « je t’aime »
Pour que leur couleur demeure extrême
La longévité n’est pas gênante
Pour nous, elle n’est pas un problème
Si l’eau du fleuve est bien différente
Le pont, lui, reste toujours le même
24-03-25
Nuit au port de Royan
La plage était morte
Elle avait disparu
Loin des yeux de ces amants
Qui regardaient éperdus
Le vague voile noir
De leurs incertitudes
La lumière était forte
Et tombait crue
Dans les yeux des amants
Qui ne cherchaient plus
Que le grimoire
De leurs turpitudes
De vieux pins en cohortes
Couvraient les mots tus
Et les pleurs des amants
Qui ne voyaient plus
Que le désespoir
De la solitude
Il est temps…
Il est temps de donner
Et de recevoir
Il est temps de se replier sur soi
Pour mieux s’ouvrir aux autres
Il est temps de pardonner
Après avoir ouvert les yeux
Il est temps d’exister pleinement
Et de penser à ceux qui ne sont plus
Il est temps de chercher
Tout en savourant le bonheur retrouvé
Il est temps de partir ailleurs
Et de tisser le nid des amitiés.
Il est temps de rêver
En gardant les pieds sur terre
Il est temps de chanter
Chaque mot de chaque vers
Il est temps d’aimer,
D’aimer encore et de toujours aimer.
Bonne année !
Voilà une petite année
Qui a bien fait de passer
Et de se terminer
Sans trop nous abîmer.
Vive la nouvelle !
Qu’elle soit belle !
Et que nos vœux
De vivre heureux
Ne soient pas des paroles
Qui s’envolent
À toi, à vous…
Bonne année à tous !
Parador de Soria
De la colline
Le regard domine
Présent et passé.
Les maisons
Aux ocres moellons
Sont entassées
Près des clochers.
Sur d’autres collines
S’inclinent
Les champs dorés
Et les forêts.
Soir de Tolède
Tolède s’enveloppe
Dans le châle si fier
De ses vieilles murailles.
Puis elle développe
Ses bonsoirs de lumière
Lorsque le jour défaille !
Vite, au lit !
-C’est donc la pluie ? – oui, oui !
-Vite au lit ! Vite au lit !
Pour des guiliguilis
Je suis à ta merci !
-C’est donc le vent ? oui, oui !
-Vite au lit ! Vite au lit !
Pour des câlineries
Et des bisous aussi.
-C’est le soleil ? – Oui, oui !
-Sors du lit, mon amie !
Allons au pré joli
Cueillir des pissenlits.
Rebelle
Jeunesse
Rebelles générationnels,
Insoumis sans appel
Entre l’overdose
des rêves télévisuels
Et la réalité cruelle
Des peu de choses
Jeunesse
Qui vomit ses injures,
Dénonce les forfaitures
Hurle, crie, maudit
Et qui attend sans gêne
L’instant d’effervescence
L’exutoire des vengeances
Des pillages, des aubaines
Et des coups de sang
Dans le vide angoissant
Des lois et des règlements
Un petit peu…
Un peu d’agueusie mais pas trop
Un peu d’anosmie mais pas trop
Un peu de cataracte mais pas trop
Un peu de surdité mais pas trop
Un peu de prostate mais pas trop
Un peu de glycémie mais pas trop
Un peu d’arythmie mais pas trop
Un peu de dermatose mais pas trop
Vraiment beaucoup trop de "pas trop !
Toi !
Eh toi ?
Toi, oui !
Tais-toi !
T’es qui
Pour rire
De moi
Et dire
Qu’ ça va ?
Si tu siffles
Encore une fois
Je te gifle
Comme ça !
Où es-tu ?
Où sont tes yeux
Qui m’aimaient alors
Où sont tes yeux
Je t’aimais si fort
Où sont tes yeux
Que je cherche encor
Où sont tes lèvres
Que je pressais alors
Où sont tes lèvres
Que je mordais si fort
Où sont tes lèvres
Je sais, j’ai eu tort
Où sont tes mains
Qui me frôlaient alors
Où sont tes mains
Qui serraient mon corps
Où sont tes mains
Sans cet anneau d’or
Où sont tes seins
Mes doux trésors
Où sont tes seins
Que j’aimais alors
Où sont tes seins
Qu’un autre adore
Où sont tes mots
Que j’entends encor
Où sont tes mots
Tes pleurs et mes torts
Où sont tes mots
Qui me tuent encor ?
18-01-25
Par grand froid
La mer
Se perd
Dans l’éther.
Les carrelets
Enlacés
Et frileux
Dorment un peu.
La mer
n’est plus
Et la terre
non plus
19-01-25
Mes voisins d’autrefois
Y’avait la vieille grand-mère
À la voix grasse et sévère
Qui faisait plein de manières
Pour poser son gros derrière
Sur les deux planches du banc
Et soufflait péniblement
Y’avait aussi le vieux Paul
Qui fixait toujours le sol
Et frappait, d’un bâton blanc,
Ses pieds nus et gris, en sang.
Et l’ombre du vieux tilleul
Lui faisait un vert linceul.
Y’avait aussi Jacqueline
Qui devenait très câline
Quand un beau mâle arrivait,
La couchait et lui faisait
Un beau cadeau pour neuf mois
Mais la quittait chaque fois.
Y’avait la jolie Michelle
Qui savait qu’elle était belle,
Qui m’offrait une violette
Quand ce n’était pas ma fête
Et qui plongeait toute nue
Dans l’eau du fleuve, ingénue.
Y’avait enfin le Jacky
Ingrat, méchant et maudit
Qui tuait les animaux
Et se couvrait de leur peau
Comme médaille de gloire,
Pour mieux entrer dans l’Histoire !
19-01-25
A 15 ans
Le monde me paraissait bizarre
On me parlait d’efforts attendus
J’aimais ce qui m’était défendu.
Je pleurais alors sur ma guitare
Mon enfance et mon père perdus,
Les amies que je n’avais pas émues
Je rêvais de voyages et d’histoires,
D’aventure en rivage inconnu
Et chantais Verlaine dans ma rue.
Boulevard de la mer
Le vent du nord s’emporte
Et gémit sur la mer
Les feuilles qui l’escortent
Tourbillonnent dans l’air
La rue froide et déserte
A perdu ses passants
La grand’ plage est offerte
Aux embruns maintenant
Et la tempête entonne
Le récit des douleurs
Pleur profond qui m’étonne
Et me touche en plein cœur
J’aime cette souffrance
Qui vient de l’horizon
Et parle de violence
De mort et d’abandon
La Nature raconte
La froide vérité :
Que nous cachons la honte
De ne plus accepter .
07-02-25
Découverte
J’ai découvert une âme
Dont le corps m’est inconnu
Que j’ai pensée femme
Vive, frêle et ingénue
Elle détient la sagesse
Des plus calmes statues
Et regarde avec tendresse
Ce que je suis devenu
Elle voit les taches sombres
De mes amours disparues
Et ramasse les décombres
De mes guerres perdues
Elle me dit mille choses,
Tout ce que je n’ai pas su
M’avouer et que j’ose
À présent mettre à nu.
JMC 08-02-25
Fleurs
J’aime les fleurs dans les jardins
Et les bois, lumineuses de gloire,
Mais je les aime bien moins
Coupées
Momifiées
Encellophanées
Et jetées
Dans les vases-mouroirs.
Écriture lecture
Puisque le Temps
À poursuivi sa course
Et que mon présent
Oublie les heures douces
Puisque le temps
Ignore mes prières
De ralentir le mouvement
De mes bonheurs éphémères
Alors j’écris mon vécu
Et relate mes aventures
D’un Temps qui n’est plus
Mais renaît par la lecture.
Heureusement
Si nous n’avions pas
De soucis
De tracas
D’ennuis
De problèmes
Avec nos amis
Et nos « je t’aime »
Si nos parents
Nos enfants
Nos connaissances
Et nos références
Nous étaient indifférents
Oh que nous serions
Malheureux !
Nous en mourrions
D’ennui
Et de mélancolie.
Alors tant mieux
Qu’il en soit ainsi !
Et que vive la vie !
24-02-25
Mots qui dansent
Je laisse au silence
Les heurs et les souffrances.
J’écris, c’est mon errance,
Mon voyage et ma danse.
Je délie les mots tus
Du passé qui n’est plus.
Je mets mon cœur à nu
Sans orgueil ni vertu.
Je danse en courbes brèves
Mes phrases qui s’élèvent
Vers les monts où crèvent
Mes folies et mes rêves.
J’ai vu le toit du monde
Et les fosses profondes
Où s’agite l’immonde
Peur de n’être plus rien.
J’ai connu les lumières
Si riches et si fières
Mais, c’est sûr, je préfère
La peur noire des chiens.
Tout va bien se passer
Les bombes tombent sur l’Ukraine
Gaza crache ses cris sa haine
Et tout va bien se passer
Les Talibans lapident les femmes
Les Chinois fabriquent des armes
Et tout va bien se passer
Israël vomit des missiles
Les blessés par milliers s’exilent
Mais tout va bien se passer
Les gens ne peuvent plus rêver
Le pouvoir leur est enlevé
Mais tout va bien se passer
Les ayatollahs se rassurent
Par la mort, le sang, la torture
Et tout va bien se passer
Les forêts partent en fumée
Et les drogues sont assumées
Oui ! tout va bien se passer
La Kalachnikov du brigand
A tué l’enfant de trois ans
Mais tout va bien se passer
Les oiseaux chanteront toujours
Les mots feront encor l’amour…
Puisque tout va bien se passer
On ira faire une danse
On niera toute évidence
Avant de trépasser.
24-11-2023
Délivrance
De la femme de Téhéran
Qui marche dans la rue
Verbe haut et tête nue
Et qui ploie sous les coups
Du religieux
Sadique et honteux
Je ne connais pas le nom
Mais je sens la souffrance
Et demain la délivrance.
De la femme de Kaboul
Qui croupit
Dans sa maison-prison
Sous l’interdit
Du religieux
Sadique et honteux
Je ne connais pas le nom
Mais je sens la souffrance
Et j’espère la délivrance.
De la femme de Kiev
Qui attend la bombe
Dans sa maison cassée
Et compte les morts
De sa patrie brisée
Par le fou président
Sadique et honteux
Je ne connais pas le nom
Mais je sens la souffrance
Et bientôt la délivrance.
De la femme de Riad
Qui meurt sous les pierres
De ses juges
Sadiques et honteux
Pour avoir aimé
Une ombre
Je ne connais pas le nom
Mais je sens la souffrance
Et de ses sœurs la délivrance.
De toutes les femmes
Qui n’ont d’horizon
Que celui qu’on leur impose
Et qui mettent des roses
Au bout des canons
De leurs hommes
Sadiques et honteux
Je ne connais pas le nom
Mais je sais la souffrance
D’où viendra la délivrance.
De toutes les femmes
Qui sont étranglées
Humiliées,
Écrasées
Sous les pieds méprisants
Des hommes armés
Sadiques et honteux
Je ne connais pas le nom
Mais je sais que la souffrance
Fera vibrer la délivrance !
18-01-23
MON ENFANT...
Regarde, mon enfant,
Regarde la vague blanche
Et l’écume vagabonde
Qui dérangent
Sable et coquillages
Nos soucis quotidiens
Nos petits problèmes
Regarde comme
Leur danse est futile
Regarde plus loin
L’horizon qui se perd
Dans le néant de la raison
N’écoute pas
Les chansons
Des croyances folles
Fragiles et trompeuses
Regarde l’horizon
Détache-le des histoires
Et des légendes anciennes
Regarde-le
Comme le chemin des possibles
Comme la route des rêves
À réaliser demain.
Et tu pourras alors
Penser à mieux
Croire en toi
Espérer ton avenir.
Regarde la vague blanche
Comme la barrière
Que tu vas franchir
Regarde la mer
Comme le travail du temps
Et regarde plus loin
Comme l’espoir
De ta volonté.
07-12-22
UKRAINE

Comme ma sérénité s’en est allée !
Il n’y a plus de vent dans mes voiles,
Plus de pain sur ma table maculée,
Plus d’espoir. Mes yeux sont sales.
Plus de rêves dans ma maison.
La paix a plié son bagage.
L’amour s’est empli de soupçons
Au lieu d’être souple et volage.
Comme ma tranquillité s’en est allée !
L’ogre boit l’eau de mes fontaines
Et respire l’air de mes envolées.
Ne me viennent que les mots de peine.
Plus de sourires vers l’avenir,
Plus de paroles réconfortantes…
Le tyran lance sans faiblir
Ses bombes déferlantes.
Comme la paix s’en est allée !
JMC
BILLET D'ENTRÉE
Le temps était si doux que j’allais sur la plage
Le vent s’était calmé, au ciel pas un nuage.
Je m’ennuyais ferme, je n’avais plus d’amour
Je t’ai vue arriver et je t’ai dit bonjour.
On pouvait voir en mer des voiliers nonchalants
Suivis par des milliers de cris de goélands.
Je me suis approché, ta robe était légère
Tes yeux chantaient la joie, l’amour et la lumière.
Tu es venue à moi, j’ai cru voir une aurore,
La naissance d’un jour que le désir dévore.
J’ai perdu l’innocence et mon fond de tristesse.`
Toi, tu attendais que les vagues te caressent.
J’ai lancé quelques mots… c’était bien du délire…
Et tu m’as embrassé dans un éclat de rire
Tu voulais simplement m’adresser un merci
Je l’ai pris comme un vœu, un billet pour la vie.
05-02-22
FIN DE NUIT

Matin calme,
Posé sur le fil de l’horizon
Avec déjà le regret
Des fraîcheurs nocturnes
Et la certitude
De l’enfer chaque jour retrouvée.
Les pêcheurs sont rentrés,
Harassés et heureux.
Les cales sont pleines.
Fato va pouvoir commencer
Ses recettes secrètes
En surveillant le moiré
De la mer qui s’allume
Aux feux du jour.
APPEL

Toi, tu t’élèveras
Vers les rêves d’or
Posés sur l’horizon.
Tu courras à en perdre haleine
Pour unir ta voix
Aux chants du monde,
Aux embrassades fertiles,
Ainsi qu’aux baisers des amants.
Tu prendras les chemins
De traverse inconnus
Pour te fondre dans l’acier
Des cris de victoire
Et des volutes de la mémoire
Que sont nos aînés disparus.
Tu chanteras en chœur
Les fugaces romances
Qui sont malgré tout restées
Dans le cœur des hommes.
Tu ne pleureras plus,
Tu te battras contre l’ignorance
Et contre les regards fermés
Des hommes de cendres.
Tu prendras tes bâtons de marche
Pour battre les sentiers cachés.
Tu marcheras longuement
Au bord des rivières rouges
Du sang des poètes
Et des larmes du voyant.
Tu seras celui qui parle
Au nom des inconnus
Et des frères de la rue.
Tu diras fort
Que les plus forts
Ne t’aiment plus
Et ne croient
Jamais en toi,
Mais que tu es là
Les yeux plantés
Dans la gloire des temps nouveaux.
Tu balanceras tes bras
Pour embrasser le monde,
Tu serreras fort sa poitrine
Où bat le cœur des oubliés.
Tu répéteras en écho
Que tu nous aimes
Sans mièvrerie
Sans innocence
Au chant des libertés.
Tu regarderas enfin
La Terre tout entière
Sur les ailes de nos prières.
Tu prendras ton envol
Tu feras des idées folles
Un rêve devenu réalité,
Un mythe réalisé,
Un pouvoir grandiose
Ou naissent les roses
Qui ne fanent jamais.
Va sans trembler !
Chante encore
Les prières de l’aurore !
Que l’on entende ta voix
Au-delà des vents froids
Et des mers glacées
Des passions passées !
14-11-21
AUX SAINTES

Rien ne bouge
Aux Saintes rouges
Le calme soupire
Le temps s’éternise
Et la douce brise
Lentement retire
Les rayons du jour
Sous le poids lourd
Des étoiles
Qui se voilent
Fées
Pudiques
Et mystiques
Pour ne pas voir
Les rêves
Que dans le noir
L’on fait
Sur la grève.
HORTICOLE
- Que fais-tu là,
Pétula ?
- Je travaille
Vaille que vaille...
- Dis-moi comment tu oses
Mettre ça sur tes roses ?
- C'est pour la bonne cause !
Je ne dépasse pas la dose…
- Dis-moi ce que tu mets,
Si ce n'est pas indiscret…
- Je mets de l'herbicide,
Un peu d’insecticide,
Un peu de fongicide,
Un peu de pesticide…
- Oui, je vois : c’est limpide :
Tu mets de l'homicide !
COULEURS
Je tiens L’ivresse des couleurs : Les rouges brûlants Qui bandent l’arc en ciel du ciel couchant, Les verts des cadavres presque effeuillés Sous le poids des responsabilités maritimes, Qui pleurent leurs racines emprisonnées, Les bleus haletants Les noirs contraints d’insérer les abimes D’un monde régulé, privé d’intérêt, Qui s’écœure en vomissant Les éructations sales des usines, Et les gris des mauvais postillons Des professionnels de la haine Qui gueulent leurs aversions séculaires.
AU BORD DU FLEUVE
J’ai composé cette chanson il y a 50 ans, presque jour pour jour, au bord du Rhône…
Mon cher enfant
En te berçant
Tout doucement
Souvent maman
Te redira
Que je chantais
Ce refrain là
Un soir d’été
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons.
C’était le temps
Où nous volions
Partout autant
Que papillons
Je chantais tout
Les vents, les fleurs
Notre amour fou
Et le bonheur
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons.
Rien n’a changé
Depuis le jour
Où j’ai chanté
Le long du cours
D’un ruisseau blanc
Mélancolique
Pour ta maman
Cette musique
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons
Ni les saisons
Ni les orages
Ne détruiront
Notre voyage
J’espère fort
Même au grand âge
Chanter encor
Ce vieil adage
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons
Mon cher enfant
Quand tu seras
Un peu plus grand
Tu comprendras
Si les jours passent
Garde l’amour
Quoi que tu fasses
Chante toujours
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons
AU LIEU DE…
Au lieu de baisser ton regard
Regarde bien en face tous les hommes
Au lieu de courber la tête
Redresse-la fièrement
Au lieu de cacher ta poitrine
Donne-lui de l’importance
Au lieu d’avoir peur des autres
Montre-leur l’exemple
Au lieu de cacher tes cheveux
Laisse voler tes mèches d’ébène
Au lieu de serrer tes lèvres
Laisse éclater ton sourire
Au lieu de marcher derrière
Décide-toi et va devant
Au lieu d’écouter les insultes
Renvoie un silencieux mépris
Au lieu de te soumettre
Combats pour ta liberté
Au lieu des fausses traditions
Et du cancer de la bêtise
Fais le choix de ton intelligence
De ta force
Et de ta dignité
Celles des femmes du monde entier.
UNE NOTE
Si une note
Se décroche
De sa portée,
Pas de reproches !
Ce n’est pas de sa faute…
Lentement
Tu t’approches,
Tu la raccroches
Doucement
Ou bien tu la mets
Sous cloche
Sans anicroche…
Et c’est dans la poche !
C’est noté ?
Si une note
Se décroche
De sa portée,
Pas de reproches !
Ce n’est pas de sa faute…
Lentement
Tu t’approches,
Tu la raccroches
Doucement
Ou bien tu la mets
Sous cloche
Sans anicroche…
Et c’est dans la poche !
C’est noté ?

