POÉSIES

OOOOOOOOOOO

Mots qui dansent

Je laisse au silence
Les heurs et les souffrances.
J’écris, c’est mon errance,
Mon voyage et ma danse.

Je délie les mots tus
Du passé qui n’est plus
Je mets mon cœur à nu
Sans orgueil ni vertu.

 Je danse en courbes brèves
Mes phrases qui s’élèvent
Vers les monts où crèvent
Mes folies et mes rêves.

J’ai vu le toit du monde
Et les fosses profondes
Où s’agite l’immonde
Peur de n’être plus rien.

J’ai connu les lumières
Si riches et si fières
Mais, c’est sûr, je préfère
La peur noire des chiens.

31-08-22

OOOOOOOOOOO

Comme ma sérénité s’en est allée !
Il n’y a plus de vent dans mes voiles,
Plus de pain sur ma table maculée,
Plus d’espoir. Mes yeux sont sales.
Plus de rêves dans ma maison.
La paix a plié son bagage.
L’amour s’est empli de soupçons
Au lieu d’être souple et volage.
Comme ma tranquillité s’en est allée !
L’ogre boit l’eau de mes fontaines
Et respire l’air de mes envolées.
Ne me viennent que les mots de peine.
Plus de sourires vers l’avenir,
Plus de paroles réconfortantes…
Le tyran lance sans faiblir
Ses bombes déferlantes.
Comme la paix s’en est allée !

JMC

Billet d’entrée

Le temps était si doux que j’allais sur la plage
Le vent s’était calmé, au ciel pas un nuage.
Je m’ennuyais ferme, je n’avais plus d’amour
Je t’ai vue arriver et je t’ai dit bonjour.

On pouvait voir en mer des voiliers nonchalants
Suivis par des milliers de cris de goélands.
Je me suis approché, ta robe était légère
Tes yeux chantaient la joie, l’amour et la lumière.

Tu es venue à moi, j’ai cru voir une aurore,
La naissance d’un jour que le désir dévore.
J’ai perdu l’innocence et mon fond de tristesse.`
Toi, tu attendais que les vagues te caressent.

J’ai lancé quelques mots… c’était bien du délire…
Et tu m’as embrassé dans un éclat de rire
Tu voulais simplement m’adresser un merci
Je l’ai pris comme un vœu, un billet pour la vie.

05-02-22

Fin de nuit

Matin calme,
Posé sur le fil de l’horizon
Avec déjà le regret
Des fraîcheurs nocturnes
Et la certitude
De l’enfer chaque jour retrouvée.
Les pêcheurs sont rentrés,
Harassés et heureux.
Les cales sont pleines.
Fato va pouvoir commencer
Ses recettes secrètes
En surveillant le moiré
De la mer qui s’allume
Aux feux du jour.

APPEL

Toi, tu t’élèveras
Vers les rêves d’or
Posés sur l’horizon.
Tu courras à en perdre haleine
Pour unir ta voix
Aux chants du monde,
Aux embrassades fertiles,
Ainsi qu’aux baisers des amants.
Tu prendras les chemins
De traverse inconnus
Pour te fondre dans l’acier
Des cris de victoire
Et des volutes de la mémoire
Que sont nos aînés disparus.
Tu chanteras en chœur
Les fugaces romances
Qui sont malgré tout restées
Dans le cœur des hommes.
Tu ne pleureras plus,
Tu te battras contre l’ignorance
Et contre les regards fermés
Des hommes de cendres.
Tu prendras tes bâtons de marche
Pour battre les sentiers cachés.
Tu marcheras longuement
Au bord des rivières rouges
Du sang des poètes
Et des larmes du voyant.
Tu seras celui qui parle
Au nom des inconnus
Et des frères de la rue.
Tu diras fort
Que les plus forts
Ne t’aiment plus
Et ne croient
Jamais en toi,
Mais que tu es là
Les yeux plantés
Dans la gloire des temps nouveaux.
Tu balanceras tes bras
Pour embrasser le monde,
Tu serreras fort sa poitrine
Où bat le cœur des oubliés.
Tu répéteras en écho
Que tu nous aimes
Sans mièvrerie
Sans innocence
Au chant des libertés.
Tu regarderas enfin
La Terre tout entière
Sur les ailes de nos prières.
Tu prendras ton envol
Tu feras des idées folles
Un rêve devenu réalité,
Un mythe réalisé,
Un pouvoir grandiose
Ou naissent les roses
Qui ne fanent jamais.
Va sans trembler !
Chante encore
Les prières de l’aurore !
Que l’on entende ta voix
Au-delà des vents froids
Et des mers glacées
Des passions passées !

14-11-21

Aux Saintes

Rien ne bouge

Aux Saintes rouges

Le calme soupire

Le temps s’éternise

Et la douce brise

Lentement retire

Les rayons du jour

Sous le poids lourd

Des étoiles

Qui se voilent

Fées

Pudiques

Et mystiques

Pour ne pas voir

Les rêves

Que dans le noir

L’on fait

Sur la grève.

Dialogue horticole

  • Que fais-tu là,

Pétula ?

  • Je travaille

Vaille que vaille…

  • Dis-moi comment tu oses

Mettre ça sur tes roses ?

  • C’est pour la bonne cause !

Je ne dépasse pas la dose…

  • Dis-moi ce que tu mets…

Si ce n’est pas indiscret…

  • Je mets de l’herbicide,

Un peu d’insecticide,

Un peu de fongicide,

Un peu de pesticide…

  • Oui, je vois : c’est limpide :

Tu mets de l’homicide !

Couleurs

Je tiens

L’ivresse des couleurs :

Les rouges brûlants

Qui bandent l’arc en ciel du ciel couchant,

Les verts des cadavres presque effeuillés

Sous le poids des responsabilités maritimes,

Qui pleurent leurs racines emprisonnées,

Les bleus haletants

Les noirs contraints d’insérer les abimes

D’un monde régulé, privé d’intérêt,

Qui s’écœure en vomissant

Les éructations sales des usines,

Et les gris des mauvais postillons

Des professionnels de la haine

Qui gueulent leurs aversions séculaires.

Au bord du fleuve

J’ai composé cette chanson il y a 50 ans, presque jour pour jour, au bord du Rhône…

Mon cher enfant
En te berçant
Tout doucement
Souvent maman
Te redira
Que je chantais
Ce refrain là
Un soir d’été
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons.
C’était le temps
Où nous volions
Partout autant
Que papillons
Je chantais tout
Les vents, les fleurs
Notre amour fou
Et le bonheur
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons.
Rien n’a changé
Depuis le jour
Où j’ai chanté
Le long du cours
D’un ruisseau blanc
Mélancolique
Pour ta maman
Cette musique
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons
Ni les saisons
Ni les orages
Ne détruiront
Notre voyage
J’espère fort
Même au grand âge
Chanter encor
Ce vieil adage
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons
Mon cher enfant
Quand tu seras
Un peu plus grand
Tu comprendras
Si les jours passent
Garde l’amour
Quoi que tu fasses
Chante toujours
– Oh ! mon amour
Le long du cours
Du fleuve long
Nous deux irons

Au lieu de…

Au lieu de baisser ton regard
Regarde bien en face tous les hommes
Au lieu de courber la tête
Redresse-la fièrement
Au lieu de cacher ta poitrine
Donne-lui de l’importance 
Au lieu d’avoir peur des autres
Montre-leur l’exemple
Au lieu de cacher tes cheveux
Laisse voler tes mèches d’ébène
Au lieu de serrer tes lèvres
Laisse éclater ton sourire
Au lieu de marcher derrière
Décide-toi et va devant
Au lieu d’écouter les insultes
Renvoie un silencieux mépris
Au lieu de te soumettre
Combats pour ta liberté
Au lieu des fausses traditions
Et  du cancer de la bêtise
Fais le choix de ton intelligence
De ta force
Et de ta dignité
Celles des femmes du monde entier.

Une note

Si une note
Se décroche
De sa portée,
Pas de reproches !
Ce n’est pas de sa faute…
Lentement
Tu t’approches,
Tu la raccroches
Doucement
Ou bien tu la mets
Sous cloche
Sans anicroche…
Et c’est dans la poche !
C’est noté ?
Si une note
Se décroche
De sa portée,
Pas de reproches !
Ce n’est pas de sa faute…
Lentement
Tu t’approches,
Tu la raccroches
Doucement
Ou bien tu la mets
Sous cloche
Sans anicroche…
Et c’est dans la poche !
C’est noté ?

Bain

Je baigne

Dans l’acide

Des beignes

Et dans le vide

Des îles

Sans soleil

Dans les villes

Sans réveil

Je crève

Au mitard

Des rêves

De bâtard

Je prends

Tous les coups

Je sens

Qu’on s’en fout

J’ai pas

De boulot

Le taf

Des clodos

Je fume

Des mégots

J’assume

Mais pas trop

J’ai froid

Dans ma rue

Et toi

Tu me tues

Tu passes

Sans bonjour

Tu traces

Et tu cours

Tu vois

Mon ombre

Tu crois

Que je sombre

T’as peur

De ma mort

Douleur

Dans ton corps

Mais pas

Dans ton cœur

Mais pas

Dans ton cœur

Mon vin

Ne vaut rien

Le tien

Vaut de l’or.

Méfie-toi !

Ne parle pas trop

Aux oiseaux

Sociaux

Ils voleraient

Tes mots

Et les porteraient

A des ballots

Qui iraient briser

La plume

De tes mots

Et la feraient

Voler

En éclats

dans des débats

d’amertume.

Perdus

Il y a des « je t’aime »

Qui se perdent

Dans l’infini des silences.

Et des silences

Qui bruissent

De rêves éteints,

Sans chaleur

Et sans flammes.

Il y a des « pourquoi »

Psalmodiés,

Répétés,

Dans un cœur

Qui ne trouve

Ni

Promesses alanguies,

Ni

Caresses énamourées

Ni

Partage d’ivresse.

Il y a des silences

Qui pèsent

Le poids d’un âne mort,

Qui se consument

Sans feu ni flamme

Et qui se murent

Dans la tombe

De l’oubli.

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