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Archives de l’auteur : Jean-Marie Claudé
Pas de traversée !
Sous le pont implacable De poutres d’acier et de câbles, Vogue une voile livide. C’est Charon, le triste guide, Qui nous attend Patiemment. Le nocher s’ennuie. Je viens à lui. – Je n’ai pas la moindre obole… Il me dit « Ce n’est pas drôle ! Tu resteras ici Avec les Vivants… Tant pis !
Unité
Je vois les hommes Je regarde les animaux Je contemple la nature J’admire l’ensemble Et je crois en l’unité.
For intérieur
Sur le tronc grisonnant sont apparues des rides Des taches brunâtres et des plaques livides, Mais, au cœur, en secret, tu bâtis la grand’ voile Qui te conduira bien au-delà des étoiles.
Plus loin
Pour glisser hors de la gangue de glaceIl faut se réchauffer au cœur :Musique, peinture ou écriture,Mais chaque fois poésie,Aller au-delà de nos espérances frileusesPlus loin que l’Histoire en papier glacéEt permettreQue soient découvertesLes portes de l’espoir.
Souhaits
Que vibrent les couleursDe nos forêts tumultueusesEt qu’explosent nos sensPour vivre riches et créateurs !Que coule l’eau de l’inspirationA l’orée des forêts imaginairesPour que nous puissions bâtirNos poésies altières !Que chantent nos baisers douxEt nos caresses veloutées !Et nous ferons de nos tendressesUn lit de naissances.
Dialogue
Tombée du jour
Le ciel pèse comme un suaireCouvert de pleurs et de poussière. La pluie grasse colle à la peau.Ré exhibe ses oripeaux.Dernier bastion d’une frontièreQui nous ouvre à l’imaginaire Fort Énet bientôt se noiera Entre l’île d’Aix et Fouras,Il n’y aura plus de lumière Sur la vague noire en colère Les ombres grises des vivantsGlisseront auLire la suite « Tombée du jour »
Rêves
Quand rugissent mes nuits, que je cauchemarde,Que je vois des gorgones goguenardesParmi mes ombres familières,J’aime à penser que tes mains fièresMais attentives me caressent.Et que mes fantasmagories disparaissent.
Ce que tu crois
Tu te dis feuilleEt je te sais écu d’or.Tu te racontes neigeEt je te vois si chaleureuse !Tu te présentes rocailleEt je te décris trône impérial.Tu te veux nuageEt je t’aime limpide azur.Tu te vêts de robe de lumièreEt je te prends ainsi.
Nos fleurs
Est-ce nousQui avons planté ces fleurs ensemble ?Est-ce nous ?Est-ce toutCe qu’elles apportent : des couleurs ?Est-ce tout ?Oui c’est fouQu’elles nous aident aussi à aimer !Oui, c’est fou !
Je t’invite
Les réseaux sociaux équivalent aux balades dans la rue d’autrefois. On traîne, on se promène, on fait des rencontres, on se salue et on se quitte rapidement. La seule différence, c’est qu’on ne peut pas aller boire un coup ensemble !
Marche
Nous égrenonsLumières et ombresRêves et caillouxChemins et alcôvesOrs et ambresAzurs et mauvesViolents et doux.Nous avançons.
Automne
La jonchée d’automneLivre aux primes geléesSes gris et ses ocresMais au cœur de l’humusBouillonne le fermentD’une vie renouvelée.Et sous les souvenirs ardentsVibrent les accordsDe nos musiques croisées.
Amertume
JamaisJe ne peux oublierQue l’eau d’une rivièreMe conduit toujours à la mer.MaisJe ne peux ignorerQue les mots de mon âme fièreMe conduisent toujours à l’amer.
A REVOIR
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Vies de fleurs
Fleurs des chantsEt pleurs des champs,Au bout d’une sente sur l’îletteDéserteMaisOfferteAux yeux concupiscents,Des papillonsEt des pipistrelles,S’essayaientA des saillies sagesSur leurs tiges.
Grands soirs
Il est des soirsGrands et glorieuxQui disent la beauté du monde.Viennent alors les dragons furieuxEt les vouivres immondesQui ruinent les espoirs.Alors je prends la cithareEt j’égrène les notes profondesDe mes chants langoureux.
Incertitudes
Être rivé à l’incertitudeEntre deux rives aveugles.Ne plus connaître le cheminDes destinées, ni le coursDu fleuve crevé de questions.Être pantelant du délire de vivreEt flotter hagardEntre l’abime et le ciel.
La blanche tour
La blanche tour Qui surprend mon regard usé Veille le vieux port
Les cygnes de Taugon
Deux grands cygnes Font signe À leurs deux cygneaux Qu’une cigogne À sans vergogne L’insigne désir De venir Se poser sur l’eau. Maman cygne Grogne Contre l’indigne Cigogne Et fait un signe À ses deux cygneaux Qui fuient sous les roseaux JMC 15-11-25
Jeune ou vieux
La jeunesse est une lutte pour améliorer les performances de notre corps, la vieillesse est une lutte pour en limiter les défaillances.
Noyade
Des flots de soleil M’avaient inondé de lumière Et je buvais la tasse Et je coulais Au fond de l’ivresse Et je me noyais Dans le noir bonheur 12-11-25
Courses landaises
Durant mon enfance, j’ai été éduqué à la course landaise. Je plaignais les écarteurs. Adulte, j’ai découvert les corridas. Je plaignais les taureaux. Et puis : stop ! Je ne consomme plus !
L’héritage en question
Très souvent les enfants paient le prix fort pour les rêves, les passions et le travail de leurs parents. Il est légitime qu’ils reçoivent le paiement de leurs heures de solitude, d’abandon parfois et de tristesse souvent. L’héritage est alors le règlement d’une dette.
La vie des mots
On entend dire « ce mot est trop vieux, ces phrases sont trop compliquées »… Les mots suivent des modes, l’important c’est qu’ils existent. Chacun peut les choisir, les lire ou les faire vivre à sa façon. Faire ce genre de reproche n’est qu’un aveu d’ignorance ou d’intolérance.
Ressenti de voyages
France maternelle Belgique culturelle Espagne chaleureuse Italie majestueuse Irlande poétique Hollande bucolique Grèce fantastique Autriche esthétique Allemagne fière Angleterre altière Et Portugal Si amical ! JMC 25-10-25
De l’autre côté
Est-ce une perversion, Un goût morbide Ou une curiosité Très curieuse ? J’ai toujours aimé M’intéresser Aux plus faibles Aux plus violents Aux plus lâches Aux plus tyrans Aux plus ignorants Aux plus oubliés À tous les mal-aimés À tout ce qui fait Leur particularité… Par amitié ? Non… pas vraiment ! Mais pour essayerLire la suite « De l’autre côté »
10 minutes de spleen
Je rêve, je ne sais que faire… Tout m’importe et tout m’indiffère. Tout est gris quand tout est lumière. Je veux partir et je m’enterre. Je pense, je ne sais rien faire… L’oisiveté m’est délétère. Je n’ai plus d’amis, ni de frères, Pourtant j’aime la terre entière.. JMC 02-11-25
Vertige
Tout est vertige, des hauts sommets aux profondes vallées, des cieux lumineux aux sombres catacombes, des grandes fortunes aux pensions de misère, des châteaux de Bavière aux cabanes de branches, Des orgies parisiennes Aux cruelles famines, Des fières démocraties Aux tyrannies sanglantes, De nos douces amours Aux haines stupides, Tout est vertige 03-11-25
Racines
Ces racines ont trouvé quelques centimètres de terre pour s’épanouir. Au-dessous, la roche est inviolable. Il suffit d’un peu d’espoir pour survivre.
Cascades
L’important, ce n’est pas le pont que je dois traverser, c’est le torrent que je dois vaincre. Je ne dois pas m’enorgueillir des difficultés dépassées alors que le danger était nul. Il est bon d’apprendre à un enfant de faire la différence entre le vrai danger, la simple difficulté et la vie normale.
Entre chien et loup
J’aime cette heure chargée de toutes les angoisses, l’heure de la fatigue et de l’incertitude, l’heure où il m’est impossible de regarder dans les yeux un chien ou un loup et de le reconnaître. C’est aussi l’heure de toutes les fantasmagories.
Allégorie
Souvent, le vent frappe à la porte De mes douloureux souvenirs,Il gémit, grossit et s’emporte,Il explose sans avertir.Je sais qu’il détient la mémoire De cette affreuse nuit d’hiverOù la tempête si notoireA couché les plus fiers Des arbres, ma toitureEt mes fenêtres mal fermées. Il a suffi d’une fissurePour détruire ce que j’aimais. JMC 27-10-25
Vers la plénitude de l’océan
Comme les gouttes d’eau se réunissent pour former un fleuve, puis l’océan, nous devons nous fondre dans ce qu’il y a de grand et de meilleur.
Notre avenir commun
Nous créons notre avenir humain chaque fois que nous refusons les intérêts particuliers et les ambitions personnelles.
Importance de l’humain
L’idée d’Aristote que l’humanité est arrivée à un niveau supérieur dans le monde animal ne remet pas en cause l’importance et le rôle essentiel de toutes les espèces animales. Cependant, il ne faut pas surévaluer leurs capacités par simple réflexe affectif ou sentimental. Il ne faut pas non plus tomber dans l’antispécisme de Richard RyderLire la suite « Importance de l’humain »
Ne pas dévaloriser
L’être humain est le seul être vivant qui sait explorer scientifiquement la réalité pour créer son avenir. Il est parvenu à cette étape grâce à l’évolution de toutes les autres espèces animales. Dévaloriser l’être humain au profit d’une autre espèce est une régression.
Plus haut, plus loin
Ne nous étonnons pas de l’existence du mal ni des fausses croyances. Il n’est important que d’aller plus loin vers la perfection. Nous ne condamnons pas un handicapé, nous l’aidons à trouver des moyens pour surpasser ses incapacités. Nous ne condamnons pas une humanité imparfaite, nous l’aidons à avancer.
Points de suspension
Toutes les religions présentées comme l’explication véritable du monde ne sont que des points de suspension.
