MOTS DU MOMENT

De tous temps, des hommes ont trouvé de l’intérêt à signaler ce qu’ils possédaient : des moutons, des maisons, des voitures… Pour la même raison, les esclaves et les prisonniers étaient marqués au fer rouge. D’autres « propriétaires » ont usé de stratagèmes à l’égard de leurs femmes : réduction des pieds, allongement du cou, déformation du nez, des lèvres ou des oreilles, excision… L’effet de mode et l’esthétique ne peuvent pas être des explications suffisantes pour justifier ces violences. Alors la question est inévitable : quelles sont les raisons profondes qui poussent des hommes et des femmes à se couvrir de tatouages ?

À notre époque, la création d’un tatouage sur une personne n’est pas imposée par d’autres. Elle est volontaire. Il y a manifestement dans la réalisation de cette opération une douleur supplantée par un plaisir masochiste. L’effet de mode n’est pas suffisant pour expliquer le recours à cette pratique. Les raisons les plus profondes peuvent être le besoin d’identification, ou celui d’un certain dépassement comme s’il s’agissait d’une épreuve sportive. On peut aussi comprendre que l’automutilation est la libération d’une colère et d’une insatisfaction mal contenues. Elle rejoint alors le clan des addictions.

Depuis la naissance de la télévision, il semble très facile de régler tous les problèmes de l’homme. Comme on n’a pas le temps et qu’il ne faut pas ennuyer l’auditeur, il suffit de prononcer des sentences ! Un siècle qui se presse fait un monde qui s’abêtit. C’est vrai qu’on a longtemps laissé la parole aux soi-disant philosophes, ceux qui avaient étudié assez pour répondre à n’importe quelle question, ceux qui noyaient leur public dans un bain de futilités ou de contre-vérités dogmatiques. Mais à vouloir réduire la connaissance à des remarques simplistes, on empêche tout progrès, tout accès à des domaines infiniment plus compliqués et plus essentiels. Il faut savoir prendre le temps, ce n’est pas une vision idéaliste, c’est une nécessité vitale.

Ils sont nombreux les villages africains où la cantine est une véritable motivation pour aller à l’école. Pas d’école, pas de repas ! Les enfants de ces villages sont assurés d’y combler leur estomac grâce à un repas copieux quotidien. Accepter l’instruction est la condition nécessaire et logique pour pouvoir manger à sa faim.

Depuis quelques décennies, ce n’est plus l’être humain qui est au centre de l’univers, mais l’animal. L’humain est une espèce parmi tant d’autres. On sait maintenant que cette espèce est en danger. Cette nouvelle angoisse nous a rendus plus réceptifs aux autres animaux. Et dans notre société, la relation homme animal a été renégociée. Le chien, par exemple, peut vivre dans votre maison, manger à votre table, se reposer dans votre lit, vous embrasser… Manifestement les médias s’orientent de plus en plus vers l’acceptation de la cohabitation et certains de la zoophilie.