de Jean-Marie Claudé

Je ne suis pas torturé par l’angoisse de trouver des lecteurs. Mais j’aime beaucoup que mes textes trouvent un écho. Un mot, un sentiment, et même un avis contraire répondent à mes attentes. Merci à ceux qui me portent cette attention et ce regard extérieur. Vous êtes ainsi ma respiration.
Questionner, c’est faire preuve d’une modeste incertitude et d’une envie de savoir.
Réfléchir, ce n’est pas donner son sentiment,
mais rechercher des preuves !
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De l’univers à la vie
De la matière nait la matière. Et de la matière est née la vie. Comment tout cela a-t-il été possible ? Nous n’en savons rien ! Certains des ignorants que nous sommes ont choisi un nom : dieu ! D’autres ignorants n’ont choisi aucun mot.
Mais nous sommes à même de constater le mouvement de l’univers, de la matière et de la vie. Tout être vivant est en perpétuel mouvement. Le sens de la vie et de son mouvement, c’est l’évolution. Rien n’est statique ou sclérosé. De la vie naît la vie. C’est l’éternelle évolution de l’univers. Et de l’origine à notre présent, la vie n’a cessé de faire évoluer notre monde, ainsi que la nature humaine.
Dès son origine, l’être humain s’est posé le problème de sa survie. Pour survivre, l’humanité a créé beaucoup de systèmes politiques, préconisant pour la plupart l’asservissement. On doit obéir aux dieux personnifiés ou bien aux despotes ou encore à des régimes autoritaires et contraignants. Mais l’être humain n’est pas fait pour être modelé. Ni esclave. L’humanité a besoin de liberté pour pouvoir évoluer vers un stade supérieur. Elle ne doit surtout pas mettre son existence en péril par des expériences malsaines. Et notre but, à nous humains, à chacun des êtres vivants que nous sommes, c’est de trouver des solutions pour avancer, pour évoluer, pour nous améliorer.
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Présent et avenir
Comme les trois points de suspension sont le symbole de l’inachevé et du sous-entendu, la notion de l’enfer est la métaphore symbolique de l’imparfait et de l’incomplet.
Toute religion présentée comme l’explication véritable du monde n’est qu’un point de suspension.
Ne nous étonnons pas du mal ni des fausses croyances. Il n’est important que d’aller plus loin, vers la perfection. Nous ne condamnons pas un handicapé, nous l’aidons à trouver des moyens pour surpasser ses incapacités. Nous ne condamnons pas une humanité imparfaite, nous l’aidons à avancer.
L’être humain est le seul être vivant qui sait explorer scientifiquement la réalité pour créer son avenir. Il est parvenu à cette étape grâce à l’évolution des autres espèces animales. Dévaloriser l’être humain au profit d’une autre espèce est une régression.
Comme les gouttes d’eau se réunissent pour former un fleuve, puis l’océan, nous devons nous fondre dans ce qu’il y a de grand et de meilleur.
Nous créons notre avenir humain chaque fois que nous refusons les intérêts particuliers et les ambitions personnelles.
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Définitions indispensables
Intelligence : instrument qui met en relation ou qui lie des expériences et des concepts pour en créer de nouveaux.
Connaissance : savoir résultant d’une approche ou d’une compréhension de la réalité.
Conscience : association des informations données par la mémoire, les sensations, les concepts et l’imagination.
Réalité : tout ce qui est accessible, aux sens, qui soit à la fois mesurable, renouvelable et communicable.
Extrait de « NOS RENDEZ-VOUS »
On doit faire attention, réfléchir et analyser avant d’accepter n’importe
Il faut accepter l’idée que notre pensée est gênée par un grave manque de connaissances. Notre intelligence travaille avec des instruments qui ne sont pas très solides. Je veux dire que de très nombreuses questions n’ont pas encore trouvé de réponses. Les scientifiques ignorent beaucoup de choses. Alors, depuis l’aube des temps, l’homme imagine, parfois même invente, ce qu’il ne parvient pas à savoir avec certitude.
Que veux-tu dire à un enfant qui te pose une question essentielle ? C’est toujours difficile, pour un adulte, de répondre qu’il ne sait pas. C’est un aveu de faiblesse qui peut faire naître des angoisses chez celui ou celle qui a posé la question. A cent problèmes, il va s’efforcer de trouver cent solutions. Et quand il y a beaucoup de questions, il faut que l’ensemble des réponses soit logique.
Alors, l’adulte explique ce qu’il croit être vrai sans jamais l’avoir vérifié. C’est ce que dénonçait un philosophe français, René Descartes.
Tu l’as entendu dire, les Anciens pensaient que la Terre était plate. C’était l’une de leurs déductions : puisque les hommes tenaient debout sur la terre, la surface du sol ne pouvait pas être penchée !
Logique !
Quand le contraire leur fut prouvé, beaucoup ont eu du mal à le croire. Et de nombreux siècles plus tard, il y en a qui ne l’acceptent toujours pas.
Autre extrait de « NOS RENDEZ-VOUS »
Quand l’esprit humain posait ces questions auxquelles la science ne pouvait pas encore apporter de réponses vérifiables, l’homme éprouvait alors un malaise énorme. Ne pas savoir, c’est effrayant ! Une vive inquiétude ou une angoisse profonde s’emparait de lui, par rapport à sa vie et à son futur.
Dans toute communauté humaine, il y a des individus qui compatissent et qui veulent aider à résoudre les mystères. Ils sont philosophes, médecins, psychologues, enseignants, écrivains… De toute bonne foi, ils ont étudié et travaillé pour chercher la vérité. C’est ce que j’ai essayé de faire.
Je t’avoue que je suis loin d’avoir une solution pour chaque problème. Je m’efforce pourtant d’être logique. Je sais que la science apportera des compléments d’information ou des démentis à ce que je te dis. Je n’impose rien comme étant vrai et définitif.
A l’opposé, ceux qui ont affirmé détenir la vérité absolue, ont créé des religions. Une religion est un ensemble de croyances érigées en vérités. Pour les rendre crédibles, certains ont parlé de communication avec un être suprême, détenteur de la Connaissance Totale, un Dieu. D’autres ont parlé d’illumination, de révélation.
Extrait « Du libre-arbitre »
Il fait nuit. J’ai un peu froid. L’air est sec. Le ciel brille comme je ne l’ai jamais vu. Ici, sur un replat de la montagne, il n’y a aucune pollution lumineuse. La lune ne s’est pas encore levée.
Comme des millions de personnes, je suis intrigué par le nombre d’étoiles que le regard peut embrasser. Et comme tout le monde, je suis obligé de me demander si cet univers est habité par d’autres que nous et s’il sera un jour accessible aux êtres humains. Pour l’instant, personne ne peut répondre à cette question. On peut l’imaginer. On peut inventer un avenir. Mais rien ne permet d’affirmer quoi que ce soit sans risque d’erreur.
Cet univers, à quoi sert-il ? Ce qui revient à se poser la question : nous, êtres humains, allons-nous dans l’avenir visiter tout cet espace ? Autrement dit, est-il à notre disposition ? Notre futur de maîtres de l’univers est-il concevable ? Ou bien ne sommes-nous que des éléments insignifiants d’un univers qui nous échappera toujours.
Il faut bien se dire que l’on ne connaît pas grand chose de notre avenir lointain. Pas davantage de nos origines.
Cet Univers auquel nous appartenons a-t-il une origine ? Laquelle ? Ou bien a-t-il toujours existé? La vie ? Les Êtres Humains ? La Conscience ? Que savons-nous de notre Terre ?
Pour comprendre ce que nous faisons en ce Monde, il faudrait d’abord savoir d’où nous venons.
Quels sont nos ancêtres ? Comment vivaient-ils ? Dans quel pays ? Que voulaient-ils ? Que nous ont-ils appris ? Que nous ont-ils laissé ? Et en remontant encore plus tôt, d’où vient l’Humanité ? Comment est-on passé du magma informe à ces êtres complexes et merveilleux que sont un Homme et une Femme ?
Qu’y aura-t-il après ?
Oui, c’est bien banal de se demander ce que deviendra l’Humanité. Où allons-nous ? Que deviendront nos enfants et nos petits-enfants. Que deviendront les êtres humains dans mille ans ou dans cent mille ans ? Que deviendra notre Univers ? Doit-il connaître une fin ?
Chacun d’entre nous voudrait bien comprendre, à un moment donné de sa vie, ce que les êtres humains font ici sur cette Terre, quel est leur futur et comment agir pour vivre au mieux dans l’attente des réponses.
Nous sommes riches de ces questions fondamentales. Se les poser, y réfléchir et proposer des réponses pour justifier notre comportement moral et social, c’est faire de la philosophie.
Ces interrogations font partie d’une recherche et d’une réflexion absolument commune à tous les humains. Nous nous posons tous ces questions-là depuis l’origine de l’humanité. Nous sommes tous des philosophes. Certains font taire très rapidement leurs doutes, leurs inquiétudes face à des problèmes qu’ils jugent insolubles. D’autres continuent à se questionner, à fourbir des hypothèses pour se lancer dans un champ de bataille qui sera probablement sans issue et sans certitude scientifique.
Alors que faisons-nous maintenant ? Comment devons-nous nous comporter consciemment quand beaucoup de nos questions aboutissent à un constat d’ignorance ou d’incertitude ?
Observations et explications
Je suis assis sur un rocher. Les montagnes forment des ombres très sombres, presque noires. Je distingue des sommets et des cols parce que le ciel est légèrement lumineux. Le silence est parfait. Seul le vent se promène avec un doux murmure. Je laisse vagabonder mes pensées et mes sentiments. Presque tous les humains ont connu un moment semblable. Paix, sérénité et réflexion, mais aussi incertitudes, ignorance et fragilité.
Les idées viennent, naissent, se distinguent d’un amas tortueux et prennent corps.
Je sais qu’un jour Moïse, Jésus, Bouddha, Mahomet et tant d’autres ont connu semblable temps de réflexion. C’est à ce moment-là que les idées s’associent et s’organisent. Je ne veux me comparer à aucun de ces philosophes célèbres. Je veux simplement préciser que chaque être humain a la possibilité de se replier dans la solitude pour méditer et aller plus loin dans le cheminement de ses pensées et de ses recherches.
Les questions fondamentales surgissent de l’obscurité et de la lumière céleste. Elles ne peuvent pas rester sans réponses. L’intelligence rassemble des informations accumulées au fond de la mémoire, elle crée des liens, mais aussi des éliminations. Tout ce qui a été dit et expliqué n’est pas forcément correct. La mémoire et la sagesse fonctionnent avec leur temps.
Chacun avec sa sensibilité et ses connaissances va alors tenter d’expliquer l’univers dont il fait partie. Il essaie de comprendre, ou d’imaginer, comment les êtres humains se sont installés sur la Terre et comment ils ont protégé leur avenir.
Ceux qui ne parviennent pas à trouver des explications, ceux-là iront voir les sages ou les savants et ils essaieront de comprendre cet univers. Alors ils seront des disciples ou des élèves et feront aussi partie des philosophes.
Preuves et sentiments
Les étoiles sont tellement nombreuses ! Je fais semblant de vouloir les compter. C’est une plaisanterie. Jamais je n’y parviendrai. Dès que je choisis les plus brillantes, d’autres surgissent dans ma numération en s’éclairant davantage. D’autres disparaissent en me laissant le doute de les avoir comptabilisées. J’en arrive à me perdre et à ne plus savoir où j’en suis. Le ciel est trop grand !
Invariablement, me revient à la mémoire l’hypothèse du « big-bang ». Une explosion serait à l’origine de notre univers. Je me demande quelle force serait assez puissante pour être à l’origine d’une telle création. Les esprits humains ont alors proposé deux possibilités : un super créateur ou l’éternité. Si notre univers n’est pas éternel, il a bien fallu qu’il soit créé. Comment ? Par qui ou par quoi ? En soi, ces questions ne me gênent pas. Du moment que je peux les garder en moi sans y apporter de réponse, je n’y vois pas d’inconvénient. Mais si des enfants, des élèves, des amis me posent ces questions, je ne vais pas pouvoir rester silencieux. Cela pourrait créer des angoisses ou des oppositions. Je serai alors tenté d’avancer des explications sorties directement de mon imagination, de ma petite expérience ou de mes maigres connaissances. Il n’est jamais aisé d’imaginer l’invisible, l’imperceptible ou l’inconnu.
Il ne faut pas s’étonner que les plus anciens des humains aient fait parler les poètes pour savoir ! Puis il y a eu les sages qui avaient le don d’observer la vie et l’univers. Il a fallu qu’ils extrapolent pour rester crédibles auprès d’une population décidée à comprendre.
Je t’ai déjà dit que Moïse, Jésus, Mahomet sont restés de longues journées dans la solitude de la montagne désertique pour comprendre, formuler et découvrir ce qu’ils allaient pouvoir dire. Bouddha aurait passé son temps à contempler la misère humaine pour essayer de la comprendre.
Lorsqu’un penseur, quel qu’il soit, arrive soudain à agencer ses idées de telle sorte qu’elles lui paraissent logiques et naturelles, il peut parler d’une révélation. C’est un phénomène bien courant. La chance de Moïse, de Jésus, de Mahomet, de Bouddha et d’autres penseurs, c’est d’avoir pu convaincre leurs auditoires. Leurs arguments ont permis à de très nombreuses personnes de croire, d’avoir l’intime conviction qu’ils leur proposaient l’explication exacte, la vérité !
Les savants, les mathématiciens, les chimistes ou les physiciens ont connu un chemin encore plus facile. L’évidence de leurs calculs et de leurs déductions produisent en général un assentiment éclairé. Mais il y a toujours l’opposition de ceux qui refusent de bouleverser leurs habitudes et leurs analyses.
La difficulté pour les philosophes, c’est que la conviction n’est pas une preuve. C’est un sentiment. La foi, la croyance, tout comme les sentiments, ne prouvent aucune réalité.
On a vu, au cours de l’Histoire, et encore de nos jours, tant d’horreurs commises au nom d’une religion ou d’une conviction, que nous devons accepter sans hésitation la méthode de Descartes demandant qu’une pensée ou qu’une existence physique soit prouvée avant d’être admise.
Évolution vers la conscience
Les recherches archéologiques nous apportent chaque année davantage de précisions sur l’évolution de l’intelligence animale et humaine. Ces découvertes posent énormément de questions, toujours insolubles.
À quel moment nos instincts animaux et nos sens ont-ils marqué et imprégné notre mémoire ? La mémoire est-elle à l’origine de nos sentiments ? À quelle époque cette mémoire a-t-elle permis l’apparition de la logique et de la morale ? Toute cette longue évolution pourra-t-elle être un jour datée et encore mieux expliquée ? Quelles sont les causes et les origines de l’intelligence humaine et de la conscience de son existence ? Pourquoi les êtres humains sont-ils les êtres vivants les plus aptes à envisager l’avenir et à créer ? Ces questions fondamentales non résolues laissent la porte ouverte à toutes les spéculations, des plus farfelues aux plus mystiques. Car aucune théorie, scientifique, philosophique ou religieuse, n’apporte encore de propositions suffisamment probantes.
Si l’on ne peut pas encore expliquer les causes de cette évolution et de ces mutations, on peut simplement les observer et les analyser, puis s’en tenir là et affirmer que les qualités humaines existent parce qu’elles sont générales et reproductibles.
Ainsi est apparue en nous l’idée de l’agnosticisme que les textes de l’Antiquité font remonter aux philosophes grecs. Nous savons que nous ne savons pas.
La naissance de la morale
Quand ce ciel et ces étoiles sont-elles apparues dans l’univers ? Quel est l’âge de la Terre ? Et celui de l’Être humain ? Chacun d’entre nous aimerait bien connaître la date précise de la naissance de toute chose. En réalité, la compréhension des mécanismes de l’Évolution, nous apprend que toute évolution va extrêmement lentement à l’échelle de notre calendrier et que rien n’arrive de rien. Lavoisier l’affirmait haut et fort : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Ceux qui affirment le contraire ont peut-être raison, mais il faudrait qu’ils en apportent les preuves…
Les instincts, l’intelligence, la connaissance du Bien et du Mal, ne sont pas des révélations divines, ni des découvertes philosophiques. La morale n’est pas une liste de lois imposées par des dieux comme le prétendent les prophètes. Ces lois ne sont pas non plus exclusivement inventées par les autorités comme le pensait Nietzsche…
Nous savons très bien que les animaux ne se posent pas de questions pour savoir ce qui leur est agréable ou désagréable. Un chien sait très bien si son maître est tendre ou violent et si sa nourriture est bonne ou infâme. En général, les animaux savent ce qui est bon pour eux et ce qui ne l’est pas, ce qu’ils peuvent faire ou qu’ils doivent éviter. S’ils avaient la parole, je gage qu’ils pourraient en dresser la liste, certes basique. Ils ébaucheraient ainsi un embryon de morale.
S’il est encore difficile de savoir comment les instincts, l’intelligence et la conscience se sont imposés à la vie animale, puis humaine, on comprend bien par contre qu’avec le développement de l’Humanité et les débuts de la vie en société, la morale s’est développée et lentement étoffée…
Une morale évolutive
Jamais, au grand jamais, en regardant un ciel étoilé je ne me suis senti coupable de quoi que ce soit. L’Humanité entière devant tant de questions se sent humble, faible et innocente à tel point qu’aucune culpabilité ne peut l’assaillir.
La première manifestation de la morale est apparue avec la naissance de la vie. L’animal sait toujours ce qui est bon pour soi. La morale du vivant était née. Plus tard, chez certains animaux, la morale de la famille s’est développée quand les parents ont choisi le bon et le bien pour leurs petits. L’être humain a consolidé cette tendance. Enfin, la morale philosophique s’est affinée avec la pratique de la vie communautaire. Il a fallu créer des lois pour les autres et pour tous. Immédiatement avec cette réglementation ont été exprimées la parole philosophique et les notions de spiritualité.
Jusqu’au 20ème siècle, chaque société se régulait sur une morale confessionnelle et punitive. Si tu fais le bien, Dieu te sourit, si tu fais le mal, Dieu te punit.
Aujourd’hui, il est temps de développer une morale évolutive qui tienne compte des changements de société au gré des découvertes scientifiques. Si tu fais le bien pour l’humanité, elle progresse, si tu fais le mal, elle régresse.
La seule finalité de la morale, c’est de constater comment l’humanité arrive à résoudre ses problèmes et comment elle évolue vers un meilleur avenir.
Après de très nombreuses expériences, on s’accorde à dire aujourd’hui que la plupart des animaux font preuve d’instincts, de sentiments et d’intelligence, plus qu’on ne le croyait auparavant. Nous avons hérité de ces capacités et l’Humanité les a développées au cours des millénaires. Comme beaucoup de mammifères, nous avons cherché à améliorer la vie en famille et en société. Cette éducation que les parents apportent aux enfants est basée sur une morale, c’est à dire sur des lois qui permettent de distinguer le bien du mal pour la survie des individus.
Au cours de notre Histoire, à la morale individuelle ou familiale a succédé une morale sociale. Pour une protection solidaire des groupes et une amélioration des conditions de vie. En réponse aux questions métaphysiques des premiers hommes conscients et communicants est apparue la morale religieuse. Très vite cette morale a été produite et gérée par les autorités. Force est de constater qu’elle n’est pas apparue dès la naissance de l’être humain, mais dès que les hommes ont senti la nécessité de vivre ensemble. Elle est devenue une arme du pouvoir. Encore de nos jours, de nombreux dictateurs créent leur propre catéchisme pour redorer leur blason et asseoir leur autorité.
Quand on refuse de laisser la morale aux mains des pouvoirs, on revient à la consolidation de la morale sociale. Elle a l’avantage de chercher le meilleur pour l’ensemble des êtres humains. Elle subit donc les variations des découvertes scientifiques, des cultures et des événements historiques. Et c’est fort bien ainsi. Aujourd’hui, c’est la conscience planétaire qui affirme de plus en plus ce qui est bon pour l’humanité.
Notre siècle a mis en exergue une nouvelle loi sociale : il ne faut pas polluer ! Jusqu’à ces dernières années, les peuples n’avaient pas conscience du besoin impérieux de respecter la nature. Voici une preuve de l’adaptabilité de la morale mondiale.
Le fait d’accepter l’idée de l’évolution de l’univers, des espèces et de la pensée humaine conduit à l’acceptation que rien n’étant fini chez l’homme, il est un être inachevé et ne maîtrise pas toutes les facultés pour éviter de faire le mal. Peut-on le lui reprocher ? Peut-on reprocher à une machine dans laquelle il manque une pièce de ne pas fonctionner correctement ? Pour les êtres humains qui agissent mal, le pardon et l’éducation sont essentiels. Le laxisme n’est pas possible. L’important est de protéger la société de tout acte qui lui serait préjudiciable et qui pourrait perturber son évolution positive.
Si la violence est parfois nécessaire à l’évacuation de la colère ou du stress, elle ne doit en aucun cas s’exercer sur l’intégrité humaine. Tout acte qui diminuerait les fonctions vitales d’un être humain, fût-il l’auteur d’un crime, est proscrit. L’expérience nous l’impose : la mise à l’écart du coupable doit être rapide, effective et efficace. L’objectif doit toujours être la protection de la victime et de ses proches.

