Chimie de l’amour

On sait aujourd’hui qu’il y a une vraie chimie de l’amour. Oublions les vieux philosophes qui y voyaient un acte de volonté, un pur produit du hasard ou le don d’un dieu. La réalité est bien plus complexe et simplement physique. Ce sentiment inclut de nombreux événements de causalité, une réelle chimie intérieure, un panel inextricable de sensations et une importante dose de raison, quoi qu’on en dise.

Prenons le temps. 2/2

Comme précisé plus haut, le présent réel n’existe pas, ou si peu ! Donc l’indicatif présent est utilisé pour indiquer une action déjà passée, au moins partiellement. Exemple : Et ce jour-là, il prend le train pour la première fois. L’indicatif présent est également utilisé pour exprimer une action future. Exemple : demain matin, je prends le train de 7 heures.

En résumé, le présent décrit une action future ou passée mais en réalité rarement le présent !

Prenons le temps. 1/2

Les philosophes se prennent la tête en essayant de définir le temps. Il ont peut-être du temps à perdre. Pour gagner du temps, il faut dialoguer avec soi-même et tenter de comprendre ce fichu présent qui ne l’est plus au bout de quelques dixièmes de seconde… Donc on ne peut pas dire qu’on a le temps.

En réalité, le temps c’est la vie, c’est notre vie, c’est l’électron qui circule, l’eau qui coule et les galaxies qui voyagent. Le temps c’est le mouvement qui ne peut pas être arrêté par les moyens qui sont les nôtres. Par contre, on  peut regarder les photos du passé ou imaginer notre futur. Mais ce ne sont que des souvenirs ou des rêves qui sont hors du temps présent.

Bien sûr, on connaît les théories… Le temps serait compressible ou étirable, rapide ou bloqué… ce ne sont que des théories. Pour le moment, notre réalité c’est que le temps passe et qu’on perd du temps à vouloir comprendre pourquoi. A présent, c’est fini, donc passé ! Et demain est incertain ou parfois inimaginable.

Libre 7

Des milliards de gouttelettes déchaînées s’agrippaient à mon corps pour lui ôter l’importance de vivre, pour le jeter dans le néant du mourir, sans sourires, ni pleurs, mais avec la froideur de la hâte et de l’acte immensément stupide.

« Elle est bonne… On va jusqu’au pont ?»

C’est la dernière phrase que j’entendis. Quand je m’éveillai, ils étaient nombreux autour de moi. Mes amis étaient gris et les surveillants tout noirs.

– Tu as coulé… On t’a rattrapé de justesse, me souffla Noël, un des camarades de la folle équipée.

Le Conseil de Discipline fut formel : tous ceux qui avaient désobéi au règlement impérieux de l’Internat furent renvoyés de l’établissement. Les sanctions, les privations et toutes les explications que j’ai alors endurées m’ont conforté dans une certitude : chaque individu reste libre de ses actes quoi qu’en disent tous les interdits du monde. La loi n’est pas faite pour être suivie à la lettre, mais pour donner une orientation, pour préciser un danger. Il reste à l’homme de l’adapter à son cas en faisant attention à ne pas porter préjudice à un autre.

Si la prison vient des autres, l’indispensable évasion vient de notre choix, de notre culture et de nos urgences.

Immersion 6

L’eau me saisit à mon tour. Elle me prit comme une mère prend son enfant en le couvrant de toute son ombre et en le serrant fort entre ses bras protecteurs. J’avais vraiment la sensation d’être embrassé, tenu au point de ne plus pouvoir me libérer. Cependant je vivais. Mon émotion était si forte que, le souffle court, je prenais, à chaque seconde, un peu d’air, pour le relâcher tout aussitôt. Pourtant chaque pore de ma peau m’informait confusément que l’on me faisait violence et qu’il était opportun de réagir.

Alors, après avoir recherché une position fœtale inutile, je m’éclatais, je me dynamitais, je me bombardais soudainement. Mes bras se dépliaient et partaient avec la volonté de quitter mon corps. Ma tête s’en allait chercher quelques nuages d’altitude sur lesquels s’étalaient paresseusement de lourds rayons de canicule. Mes jambes voulaient courir après chaque éclaboussure pour y fouler l’étincelle de l’espoir. Vaincu, mon corps rentrait dans l’enclos, comme en sa coquille, se repliait, était à nouveau prisonnier de sa mère et suffoquait de sa triste incapacité à n’être ni esprit, ni héros, ni dieu.

L’eau cherchait à me ravir l’unique bien qu’elle m’avait donné : cette vie où les jours s’écoulent en gardant un peu la trace de la veille et de minuscules particules de l’avant-veille, pour ne plus rien posséder d’un passé plus lointain. Les jours de ma vie avaient la ridicule petitesse des gouttes d’eau.

Plongée 5

Notre angoisse se multipliait, s’enflait, éclatait et envahissait cet univers.

– Ça va durer encore longtemps ?

– On n’est pas encore arrivés ?

En fait, la peur gagnait ; la conscience de transgresser l’interdit commençait à nous étouffer, et sur l’horizon de nos pensées, de gros nuages noirs et douloureux apparaissaient à toute vitesse. Il était temps d’arriver.

Derrière un rideau de carolins, l’Adour attendait.

Tout se déroula très rapidement. Les chaussures, les chemises et les shorts volèrent dans tous les sens. Puis il y eut des plouf couronnés d’étincelles et des crises de rire hystériques.

Mes camarades remontaient aussitôt sur la berge pour se libérer du carcan de fraîcheur qui les tenait prisonniers quelques secondes quand ils immergeaient leur corps brûlant dans une onde presque froide.

Hors la loi 4

Personne ne prit la décision, personne ne choisit le jour. Mais, au fil des murmures dans le pesant silence de l’obéissance, et le désir croissant, le rendez-vous fut pris.

L’air bruissait. Le soleil enflammait les cœurs. Et le chant secret de chacun, martelé par le rythme soutenu des pas, nous faisait répéter la même ritournelle, inlassablement. Le sentier suivait de vastes champs pour traverser parfois des bosquets épars, échevelés, touffus à la base. Un écureuil effarouché par la sauvagerie de notre armée traversa une zone exposée puis se jucha sur quelque branche pour nous espionner. Tout au long de notre progression, un silence inquiétant écrasait peu à peu la vie sereine et bruyante de la forêt. Çà et là, des pies et des geais, toujours curieux, toujours apeurés, s’enfuyaient en criant des injures en leur langage. C’en était fait de la vie et du mouvement. On ne bronchait plus, les prunelles rivées sur l’angoisse. Le monde animal se méfiait, sachant trop bien que l’homme est dangereux même quand il semble pacifique ou innocent. Ce silence nous tombait sur les épaules et nous drapait dans une sorte de suaire. Notre équipée sauvage se transformait peu à peu en aventure dangereuse, hors la loi.

Rêves communs 3

Il nous fallait un monde où cette gravité n’existerait pas, un monde plein de douceur et riche de plaisirs instantanés. Alors, nous avions pris goût à ces rêveries dont les images nous promenaient dans les profondeurs liquides, mais comme vaporeuses, de l’Adour. Nous éclations de rire en nous imaginant sauter lourdement de la rive et provoquer une gerbe qui aspergerait nos camarades. Nous étions déjà en train de concourir en évaluant le style de nage de chacun. Puis nous nous laissions sécher au soleil, avant de revenir silencieusement et discrètement au milieu de nos camarades, éberlués de notre audace autant que de la vulnérabilité de nos surveillants.

Les mêmes rêves avaient dû naître chez nombre de mes camarades, car, un jour, une vérité devint évidente. Nous voulions découvrir sans tarder ce fleuve, et nous étions nombreux à vouloir faire partie de l’expédition.

Tentation 2

Nous pouvions disputer d’interminables parties de foot sur cette pelouse que les paysans du coin soignaient et surveillaient méticuleusement. Mais il est vrai que le fleuve nous attirait autrement : son mystère nous fascinait, son importance nous le rendait mythique.

Sans même n’y être jamais allés, nous pensions le connaître puisqu’il nous était proche. Nous imaginions les lourdes frondaisons se pencher langoureusement vers la surface d’une eau turquoise et quelques feuilles oser s’y tremper timidement. Nous rêvions de nous plonger corps et âme dans un univers liquide où plus rien n’aurait de consistance, de lourdeur, où tout serait enfin futile et léger.

En effet, selon nos professeurs, tous les actes de notre vie prenaient le poids de l’irrémédiable et du fatidique : nous étions les jouets de forces surnaturelles. Mais, par un curieux paradoxe, nous étions aussi les maîtres de notre vie, de notre mort et de notre vie après la mort. Quelle responsabilité !

En internat 1

L’eau, c’était l’interdit, le plus important, le plus ressassé par les professeurs, et surtout le plus choquant car il s’imposait, non pas pendant notre présence au collège, mais pendant les heures de repos consacrées à la promenade, à l’aventure, à la vraie vie. Quand nous allions, une fois par semaine, sur un vaste terrain communal, nous savions que, non loin de là, le fleuve interdit, l’Adour, le fleuve excitant, le fleuve de la liberté, nous attendait. Certes nous pouvions bien nous amuser le long d’un petit ruisseau (l’Ouzente) où les brèmes et les lamproies faisaient leurs courses. Mais nos surveillants nous ramenaient inlassablement sur le terrain de jeu.

Temps libre

Prendre un livre au hasard, choisir un fauteuil et tourner les pages en regardant les tours de La Rochelle…

Lire du théâtre ou de la poésie pour ne pas se limiter au seul roman. Se laisser envahir par les personnages, par les paysages. Et regarder au-dehors. Là, dans l’histoire de cette ville. Entendre les cris des habitants qui réclament à manger et qui maudissent Richelieu et le roi de France. Entendre hurler la mort.

Éducation

J’écrivais en avril 2024 :

L’éducation est plurielle. Les coutumes en font partie. Ce qui est bien ici ne l’est pas là-bas. D’où l’importance d’une morale et d’une éducation acceptées par tous les pays et tous les humains. On a déjà commencé avec la déclaration des droits de l’homme. Ce sera le fondement d’une humanité qui aura trouvé sa voie et son sens. Vision Idéaliste ? Peut-être ! L’important, c’est d’avoir un but, un chemin tracé jusqu’à l’étape suivante. Ce premier objectif tend à généraliser l’abandon des armes pour régler les conflits. Cette démarche impose en filigrane la destitution de tous les chefs belliqueux. Nous y sommes et l’effort est déjà  immense et douloureux.

Il a suffi d’une pagaille organisée par trois des pays les plus puissants pour que tout soit à recommencer. Même chez nous, dans une démocratie verbeuse mais paisible, on en arrive à se tuer à coups de pieds… Espérons que la Sagesse l’emportera et que nous n’entendrons pas les rafales de kalashnikov !

Ai-je oublié ?

Ai-je oublié 
Les sourires que tu fleurissais
Et les mots que tu parfumais ?
Aurais-je oublié
Tout ça ?

Tes regards qui m’enjolivais
Les rêves que tu nous préparais ?
Puis-je oublier
Tout ça ?

Ta peau où ma main glissait
Et que mes dents tatouaient
Comment oublier
Tout ça ?

L’élan que tu nous donnais
Et qui si loin nous emportait
Peut-on oublier
Tout ça ?

Tes yeux qui chantaient
Et ton âme qui me caressait
Est-il possible d’oublier
Tout ça ?

Non, je n’ai rien oublié
J’ai posé d’une encre indélébile
Les souvenirs écrits
Sur la mémoire fragile
De nos jours enfuis

Énergies à la mode

Nos sources d’énergies obéissent à divers courants de pensée. Souvent le choix d’une énergie répond à un intérêt économique. Dans certains pays, il vaut mieux couper du bois qu’acheter du pétrole. Parfois, ce choix est fait selon des besoins sécuritaires. On préfère, dans quelques pays, l’énergie solaire à celle du charbon, bien plus polluante. Dans notre pays, on choisit l’énergie nucléaire plutôt que toutes les autres pour répondre à des interêts particuliers. Mais qu’adviendra-t-il lorsqu’un réacteur nucléaire provoquera un accident semblable à ceux de Tchernobyl et de Fukushima ? Il est probable que les actuels défenseurs du nucléaire seront obligés de se tourner vers autre chose…

Question du jour : quelle est votre source d’énergie principale ? Correspond-elle à votre préférence ?

Évolution positive

Notre capacité à créer doit favoriser l’évolution positive de l’humanité. Elle ne doit pas se soumettre aux intérêts commerciaux ni aux volontés politiques qui ne cherchent que la satisfaction du moment et ne prévoient pas sérieusement l’avenir des êtres humains. Aujourd’hui, qu’est-ce qui bloque cet avenir meilleur ? Ce sont les guerres et les économies polluantes, tout autant qu’une éducation à la toute-puissance et à la sur-consommation.

Question du jour : Pensez-vous que les conflits et les rivalités commerciales peuvent être des facteurs de progrès pour l’humanité ?

Patinage

Danse

Sur la glace !

Danse

Et trace

Vers la gloire

Ta victoire.

Danse !

Vole

Sous la corolle

De lumière

Et dans le voile

De la musique

Folle et fière.

Glisse

Et glisse

Encore

Pour qu’on adore

Ta mosaïque

De grâce

Qui nous embrasse

Nous enlace

Et nous unit

Sur la glace

De la vie.

Question du jour : Avez-vous déjà fait du patinage sur glace ?

Liberté chérie

Donc tout est issu d’une causalité complexe. Ce principe de cause à conséquences est bien à la base de l’ évolution – sans que personne encore puisse en expliquer l’origine de manière scientifique. Si tout est logique dans le monde minéral et le monde animal, la Raison des animaux les mieux développés peut intervenir sur l’évolution telle qu’elle était « programmée ». Cette Raison peut provoquer une ré-évolution, un bouleversement qui était théoriquement possible mais improbable. J’y vois là le principe de notre liberté. Notre Raison où dominent la mémoire et l’imagination doit intervenir dans chacune de nos décisions. Pas pour empêcher le principe de causalité – ce qui est impossible – mais pour le modifier. C’est pour cela que nous devons accorder beaucoup d’importance à la connaissance de notre passé et à notre capacité d’imaginer notre avenir. Sans quoi nous subirons les conséquences de ceux qui nous entraînent dans leurs orientations dangereuses.

Question du jour : Avez-vous déjà ressenti que votre décision venait de modifier le cours des événements ?

Comparaison

L’homme sensible et complexe arrive presque au niveau de la femme.

Question du jour : pensez-vous que les hommes et les femmes ont des facultés différentes ?

Ordre bestial

J’ai vu à Minneapolis,
Dans la fumée des gaz toxiques,
Des gens brisés par la milice
Sous des coups de feu hystériques

J’ai entendu dans l’air glacial
Les corps tomber dans le sang.
On sait bien que l’ordre bestial
Vient du méchant petit marchand.


Question du jour : dans une démocratie, un président doit-il avoir une autorité inconditionnelle sur l’armée ?

Disparitions

On assiste à la destruction de ce qui faisait la culture chrétienne en France : abandon d’églises, destruction de la statuaire des lieux publics, refus des crèches de Noël … Le doit-on à un laïcisme rigoureux, à un islamisme envahissant ou bien à un désintérêt de la population ? Probablement les trois ! Mais le vrai problème réside dans l’impact psychologique et les répercussions sociales que subit le peuple français. L’indifférence laisse la place à l’appauvrissement culturel et cela finit souvent très mal.

Amuse-moi ou meurs !

Dans de nombreuses émissions télévisées, le plus grand crime aujourd’hui, c’est de plomber une ambiance, car l’humour y est un diktat.

Ou alors, il faut une tragédie bien insupportable pour mériter la faveur des caméras.

On veut essayer…

On veut sauter à deux pieds dans l’eau pour voir ce que ça fait. Puis on veut mettre deux doigts dans une prise électrique pour voir ce que ça fait. Puis on veut jouer avec une arme à feu pour voir ce que ça fait. Puis on veut goûter à de la drogue pour voir ce que ça fait. Et un jour, à l’élection présidentielle, on veut voter pour un bonimenteur pour voir ce que ça fait.

Solitude

Photo de Nicky Pe sur Pexels.com

Le loup solitaire est toujours utile à la meute.

« Mes procès-verbaux » de Jean-Marie Claudé

Du piment

Photo de Brigitte Tohm sur Pexels.com

L’Amour commence avec du piment de Cayenne, puis il épice la vie avec du piment d’Espelette.

Besoins

Il me faut, aux chemins creux,

Près des longues haies de ronces,

L’envol des palombes bleues

Quand le rude hiver s’annonce.

Pour ma forêt dont je vois

Les longues branches guerrières

Et les saules en arroi

Il me faut des primevères.

Pour laisser chanter le bleu

D’un ciel fougueux de printemps,

Il me faut brûler mes yeux

Aux feux des fleurs et des champs.

Aux matins d’été joyeux,

Il me faut des agapanthes,

Beaucoup d’effluves soyeux

Et des couleurs envoutantes.

La Nature n’a pas d’âge

Et ses amoureux non plus.

Il nous faudra du courage

Pour la sauver des abus.

Gros risques

Cacophonie et carnage

Au coeur des vieux sarcophages

Des partis français occis

Qui criaient : « Démocratie ! »

Quelle réalité (directe, indirecte, virtuelle) 5

Les neuro-physiciens précisent que nos perceptions sont transformées en concepts en arrivant au cerveau et en s’inscrivant dans nos mémoires. Ils ajoutent que l’ensemble des concepts (réels et virtuels) chez un être humain seront tôt ou tard acceptés comme des réalités directes. Ils se basent sur la réalité du téléphone : l’autre, au bout du fil, est absent, mais on le perçoit comme présent… il en sera ainsi pour un bon nombre de réalités virtuelles. Il nous restera le scepticisme qui nous donnera la force d’analyser et de réfuter pour protéger la Vérité !

Quelle réalité (directe, indirecte, virtuelle) 4

Pourquoi faut-il exiger de connaître la réalité ? Parce qu’on peut aujourd’hui être trompés en permanence par les vérités qu’on nous assène. Le mythe gouverne mieux que la vérité. De nombreuses villes ou des états se sont construits sur des mythes (Romulus et Remus, Roméo et Juliette, Guillaume Tell…) Des courants philosophiques ont déifié leurs orateurs (Bouddha, Moïse, Jesus…) Et aujourd’hui  beaucoup d’êtres humains se reconnaissent dans des fictions (littéraires, cinématographiques) et dans des héros (chanteurs, sportifs) qu’ils assimilent à leur identité. De cette façon, il devient facile au moindre dictateur de tromper ses sujets. De Napoléon à Trump, la réalité politique n’existe pas. Seul compte le mythe que l’on fait passer pour une vérité. Cela valide toutes les guerres économiques ou militaires qui promettent un avenir meilleur. Encore heureux que chaque conflit finisse par ouvrir les yeux sur de bien tristes réalités !

Quelle réalité (directe, indirecte, virtuelle) 3

Il va sans dire qu’on ne juge pas les qualités d’une personne politique sur ce qu’elle annonce comme intention. On ne peut connaître la valeur d’un programme que sur la réalité de ses résultats. Donc les politiques qui briguent des mandats,  doivent faire l’étalage de ce qu’ils ont réussi dans le passé et non pas de ce qu’ils prévoient de réussir à l’avenir.

Quelle réalité (directe, indirecte, virtuelle) 2

Pourquoi avoir besoin de connaître la réalité ? à quoi nous sert-elle ? Il s’agit de la pérennité de notre corps et de notre esprit. Nous analysons en permanence quelles perceptions nous sont agréables et utiles. Nous parvenons ainsi à savoir comment nous maintenir en bonne santé physique et mentale pour notre bien-être et celui de nos descendants. Nous ne devons pas suivre aveuglément ce que l’on nous présente comme réellement bon et indispensable. Les intuitions, les pensées et les statistiques, informations parmi tant d’autres, sont toutes sujettes à caution. Il convient de les vérifier personnellement, les unes après les autres.

Quelle réalité (directe, indirecte, virtuelle) 1

Pour nous humains, sains de corps et d’esprit, la réalité, c’est ce que nous percevons, pas ce que nous imaginons ou croyons. Les connaissances, apprises comme étant réelles, étaient les perceptions des autres ( réalisme indirect). Malheureusement si mes perceptions sont indiscutables pour moi, les récits des autres ne sont pas forcément fiables. Encore plus ennuyeux : aujourd’hui, mes perceptions peuvent être induites en erreur par la réalité virtuelle. Le seul moyen qu’il nous reste pour découvrir la réalité, c’est de percevoir l’existence d’un objet d‘étude à l’aide de nos sens et que cette perception soit identifiable par tout le monde.

Résilient !

Et quand je t’ai vue

Trotter dans la rue

Je t’ai reconnue

À ton dos dodu.

Tu avais la tête

Des soirées de fête

Et tu chantais faux

Ma pauvre Margot…

J’ai jeté ton verre

Sous le réverbère

Et je t’ai assise :

Tu étais si grise !

J’ai perdu tes rires,

Compris tes délires

Reçu tes injures

Et tes vomissures.

Mais je t’aime ainsi,

Pour toujours aussi

Même si un jour

Je perds ton amour.

Où ?

Chez moi commence ailleurs !

Les amants de Teruel

Écoutez mes amis l’histoire des amants de Teruel. Très jeunes, ils étaient déjà très liés. Ils jouaient ensemble depuis leur enfance. Le petit Diego envoyait toujours sa balle à Isabel pour qu’elle l’attrape et lui lance un sourire en retour. De temps en temps, elle lui donnait une petite fleur qu’elle avait cueillie sur les remparts de la ville. C’étaient de petites attentions qui confortaient l’idée qu’ils étaient faits pour vivre toute leur vie ensemble. Arrivés à leur puberté, rien n’avait changé si ce n’est que leurs frôlements étaient plus prolongés et plus appuyés. Tous les adultes de Teruel les connaissaient et aimaient les voir si discrets et si tendres dans leur amitié.

Un soir d’été, Diego qui s’était attardé sur l’une des tours de la ville pour observer le coucher du soleil, sentit soudain une main douce et fraîche se poser sur la peau de son dos. Il frémit et se retourna vivement. Son visage arriva à quelques centimètres de celui d’Isabel. La jeune fille souriait. Elle jeta un regard autour d’elle et planta ses yeux dans ceux de Diego. Une bouffée de désir le fit sursauter et leurs lèvres se touchèrent pour la première fois. L’amour les avait saisis corps et âme. Durant les mois suivants ils parlèrent souvent de leur avenir et, logiquement, de leur mariage.

C’était une belle soirée de printemps. Les terres ocres, à l’extérieur du la ville, étaient encore plus rouges que d’habitude. Diego et Isabel étaient montés au sommet d’une tour que les gardes avaient désertée pour quelques instants. C’est là et à ce moment qu’elle dit oui. Diego explosa de joie et décida de faire sa demande au  père d’Isabel.

Mais les espoirs du jeune couple furent anéantis. Pourtant Diego avait mis les formes. Il avait préparé sa requête, puis il était arrivé avec sa famille et avait prévu le cadeau de mariage. Mais le père d’Isabel, Pedro de Segura, leur fit un affront mémorable : il refusait cette union car la famille du prétendant était bien pauvre par rapport à ses biens terriens et financiers. Isabel s’est effondrée. On crut qu’elle allait trépasser. Son père, alors, consentit à ce mariage si au bout de cinq années, Diego revenait faire sa demande, riche et fidèle.

Au bout de cinq ans et trois semaines, Diego réapparut, chargé de caisses remplies de bijoux et d’objets précieux. Aux abords de la maison de son futur beau-père, il y avait foule. Un juif du quartier voisin lui apprit que la jeune Isabel venait de se marier. Diego, pris de fureur, entra de force dans la jolie demeure des parents d’Isabel. Elle était là, pâle et triste. Elle lui apprit en suffoquant que plus personne ne croyait au retour d’un Diego enrichi. Elle avait fini par accepter le mari que son père avait pressenti. L’annonce fut fatale. Diego posa les mains sur son cœur et s’affala. Il mourut en quelques secondes. Isabel était tellement saisie et statufiée qu’on dut la transporter dans sa chambre. Elle resta enfermée et refusa de voir quiconque. Elle demanda seulement de pouvoir assister aux funérailles de son ancien ami. Comme c’était l’usage, elle put se rendre à la veillée qui précédait l’enterrement. Quand elle aperçut le cercueil et qu’elle distingua le visage de son amoureux, elle repoussa les parents qui la soutenaient, elle se jeta sur la dépouille, prit le visage de Diego dans ses mains et l’appela de toutes ses forces dans un cri déchirant qui fut entendu dans une bonne partie de la ville. Le cri avait-il à peine pris fin, qu’Isabel s’effondra. Son torse, sans vie, recouvrait le corps de ce jeune homme qui n’avait jamais été son amant, mais qu’elle avait aimé au-delà de ses forces.

Écoutez bien mes amis ce que nous disent Diego et Isabel, les amants de Teruel. Aimez ! Aimez à en perdre la raison peut-être mais aimez, c’est le plus beau cadeau de la vie, un présent qui vous donne la force de réaliser tous les rêves. Aimez ! Mais avant tout surveillez le bon fonctionnement et la bonne santé de votre cœur.

18

Ces textes poétiques courts, illustrés par des photos que j’ai prises sur le moment, me permettent d’égrener au fil des jours des émotions, des sentiments et des avis personnels. Ces instants de mémoire, comme les cailloux du Petit Poucet facilitent la lecture d’un chemin, d’un passé, tout en laissant espérer un avenir riche de créativité et de rencontres.

17

Dans ce recueil de nouvelles, nous allons à la rencontre d’un amnésique anglais, d’un duc espagnol, d’un peintre belge, de quatre écrivains français, d’un pilote américain, d’une petite afghane et de bien d’autres personnages qui nous posent de nombreuses questions. Nous n’avons plus le temps d’imposer nos certitudes et de nous aveugler sous un cache-misère… Il est nécessaire de lire, de dialoguer et de modifier les pouvoirs, qu’ils soient politiques, religieux ou commerciaux, pour nous sauver. Le constat du danger imminent est fait. Maintenant, à nous de réinventer l’avenir.

16

A la fin du XXème siècle, le monde occidental estimait que pratiquement toutes les libertés étaient acquises et les valeurs solidement établies. Mais au début du XXIème, en est-il toujours ainsi ? À travers le comportement d’une adolescente qui veut entamer une épreuve de séduction auprès d’un homme qui pourrait être son père, on peut se demander si les nouvelles puissances économiques, financières et publicitaires ne cherchent pas à imposer leur pouvoir de séduction. Leur violence pourrait faire disparaître les valeurs lentement élaborées au cours des siècles par les plus vieilles civilisations. La séduction n’est-elle pas une tyrannie ?

15

Il s’agit du « roman » d’une association : les Abeilles de Dougoum. La plupart des événements racontés sont authentiques et légèrement romancés. Ils parcourent le chemin d’un petit campement de nomades pris en charge par des enseignants français dans le désert afar de la République de Djibouti. Ce pays est un roman à lui seul : les volcans et séismes, les chaleurs insupportables, la pauvreté extrême, la violence permanente, les convoitises de toutes les puissances armées du monde, font des habitants du petit village de Dougoum et des humanitaires qui y travaillent les témoins et les acteurs d’un univers impitoyable. Dans un tel milieu, les amours et les haines, la jalousie et le mépris trouvent un exutoire exceptionnel. Aujourd’hui, ce petit peuple en ébullition peut, à tout moment, exploser sous la pression de la Chine, des États-Unis, des pays arabes et européens. Une poignée de femmes cherche les moyens de survivre et d’améliorer la condition féminine. Avec minutie et courage, elles sont les abeilles d’un monde en effervescence.

14

Pour répondre aux questions de mon petit-fils, je lui envoie des lettres qui lui expliquent ma vision du monde. Comme l’a fait Sénèque, l’écrivain latin, pour son disciple Lucilius, je raconte mes craintes et mes espoirs, mes certitudes et mes doutes. Je lui dis aussi comment l’élan de l’humanité pourrait être stoppé et comment on pourrait éviter cette catastrophe. Durant six mois, j’ai envoyé plus d’une soixantaine de lettres à mon petit-fils.  Au terme de cet échange épistolaire, Alexis m’a écrit : « Ces lettres que tu m’as envoyées m’ont permis de mieux comprendre le monde. Tes explications m’ont aidé à forger des avis qui maintenant me sont propres.  Par cette correspondance, tu m’as proposé des solutions à beaucoup de questions que je me posais. Je t’en remercie. Tu peux parler de moi, par contre je préfèrerais que mes réponses ne soient pas reprises dans ton livre. »

13

« Le peuple-volcan » est un ensemble de poésies et de photos que j’ai créées durant mes nombreux séjours à Djibouti, Ali-Sabieh, Tadjourah, Obock et Dougoum… Des Monts Goda à la mangrove de Godorya, de la centrale solaire d’Adaïlou à la mosquée d’Ali-Sabieh, j’ai trouvé un peuple fier, beau, courageux, explosif et attaché à ses traditions. L’émancipation des femmes y poursuit lentement un chemin jonché d’innombrables obstacles. Les Djiboutiens observent toutes les armées du monde et toutes les ONG dont ils dépendent, en mâchant ce khat qui ruine leur santé et leur économie familiale. Ce peuple qui affronte un climat terrifiant, des déserts violents, sait exploser comme les volcans qui dé-façonnent continuellement le Goubet. Il a ses failles et des trésors cachés. Indociles et fiers, ces hommes et ces femmes n’attendent que le jour qui vient et sont guidés par des superstitions ancestrales.

Instants de mémoire...

Livres et textes divers de Jean-Marie Claudé

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