Dialogue

  • MOI
    • Bonjour !
  • LA SECRÉTAIRE
    • Bonjour, Asseyez-vous. Votre carte vitale ? Merci ! Votre carte d’identité ? Merci ! Bien. Votre assurance maladie complémentaire ? Merci ! Votre dossier ? Très bien. Votre ordonnance ? C’est bon.  ! Votre médecin traitant ? Je vois. Votre date de naissance ? D’accord. . Votre adresse postale ? Votre adresse mail ? J’ai tout ça ! Votre numéro de téléphone se termine par 09 ? Très bien. Vous avez répondu au questionnaire ? Oui , c’est bon. Vous avez bien signé le document ? Oui en effet. Vous êtes à jeun ? Vous avez votre dernière analyse ? Bon ! Je crois qu’on y est… Vos papiers sont complets. Alors, vous recevrez par Internet le compte rendu de votre examen d’aujourd’hui. Vous trouverez par mail un code pour accéder à notre plateforme et à vos données. Vous pourrez les transmettre vous-même à votre médecin traitant dès demain. Très bien. Vous n’avez pas de question ? Vous pouvez y aller ! Alors vous sortez par cette porte à gauche. Vous prenez à votre droite dans le couloir. Vous allez jusqu’au fond. La, vous prenez à votre gauche et vous ouvrez la cinquième porte. Pas la peine de sonner. Vous pouvez vous asseoir dans la salle d’attente en attendant qu’on vienne vous chercher… C’est bon ? Pas la peine de vous le répéter ? Très bien ! Au revoir Monsieur ! Je vous souhaite une bonne journée
  • MOI
    • Merci !

Tombée du jour

Le ciel pèse comme un suaire
Couvert de pleurs et de poussière.
La pluie grasse colle à la peau.
Ré exhibe ses oripeaux.

Dernier bastion d’une frontière
Qui nous ouvre à l’imaginaire
Fort Énet bientôt se noiera
Entre l’île d’Aix et Fouras,

Il n’y aura plus de lumière
Sur la vague noire en colère
Les ombres grises des vivants
Glisseront au vent, nuitamment.

Souvent tel spectacle fugace
Laisse en nous le plaisir vivace
D’être à ce monde si présents
Que nous l’aimons infiniment.

29-11-25

Rêves

Quand rugissent mes nuits, que je cauchemarde,
Que je vois des gorgones goguenardes
Parmi mes ombres familières,

J'aime à penser que tes mains fières
Mais attentives me caressent.
Et que mes fantasmagories disparaissent.

Ce que tu crois

Tu te dis feuille
Et je te sais écu d'or.
Tu te racontes neige
Et je te vois si chaleureuse !
Tu te présentes rocaille
Et je te décris trône impérial.
Tu te veux nuage
Et je t'aime limpide azur.
Tu te vêts de robe de lumière
Et je te prends ainsi.

Nos fleurs

Est-ce nous
Qui avons planté ces fleurs ensemble ?
Est-ce nous ?

Est-ce tout
Ce qu'elles apportent : des couleurs ?
Est-ce tout ?

Oui c’est fou
Qu'elles nous aident aussi à aimer !
Oui, c’est fou !

Je t’invite

Les réseaux sociaux équivalent aux balades dans la rue d’autrefois. On traîne, on se promène, on fait des rencontres, on se salue et on se quitte rapidement. La seule différence, c’est qu’on ne peut pas aller boire un coup ensemble !

Marche

Nous égrenons
Lumières et ombres
Rêves et cailloux
Chemins et alcôves
Ors et ambres
Azurs et mauves
Violents et doux.
Nous avançons.

Automne

La jonchée d'automne
Livre aux primes gelées
Ses gris et ses ocres

Mais au cœur de l'humus
Bouillonne le ferment
D'une vie renouvelée.

Et sous les souvenirs ardents
Vibrent les accords
De nos musiques croisées.

Amertume

Jamais
Je ne peux oublier
Que l'eau d'une rivière
Me conduit toujours à la mer.
Mais
Je ne peux ignorer
Que les mots de mon âme fière
Me conduisent toujours à l'amer.

A REVOIR

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Vies de fleurs

Fleurs des chants
Et pleurs des champs,
Au bout d'une sente sur l'îlette
Déserte
Mais
Offerte
Aux yeux concupiscents,
Des papillons
Et des pipistrelles,
S'essayaient
A des saillies sages
Sur leurs tiges.

Grands soirs

Il est des soirs
Grands et glorieux
Qui disent la beauté du monde.

Viennent alors les dragons furieux
Et les vouivres immondes
Qui ruinent les espoirs.

Alors je prends la cithare
Et j'égrène les notes profondes
De mes chants langoureux.

Incertitudes

Être rivé à l'incertitude
Entre deux rives aveugles.

Ne plus connaître le chemin
Des destinées, ni le cours
Du fleuve crevé de questions.

Être pantelant du délire de vivre
Et flotter hagard
Entre l'abime et le ciel.

La blanche tour

La blanche tour

Qui surprend mon regard usé

Veille le vieux port

Les cygnes de Taugon

Deux grands cygnes

Font signe

À leurs deux cygneaux

Qu’une cigogne

À sans vergogne

L’insigne désir

De venir

Se poser sur l’eau.

Maman cygne

Grogne

Contre l’indigne

Cigogne

Et fait un signe

À ses deux cygneaux

Qui fuient sous les roseaux

JMC 15-11-25

Jeune ou vieux

La jeunesse est une lutte pour améliorer les performances de notre corps, la vieillesse est une lutte pour en limiter les défaillances.

Noyade

Des flots de soleil

M’avaient inondé de lumière

Et je buvais la tasse

Et je coulais

Au fond de l’ivresse

Et je me noyais

Dans le noir bonheur

12-11-25

Courses landaises

Durant mon enfance, j’ai été éduqué à la course landaise. Je plaignais les écarteurs. Adulte, j’ai découvert les corridas. Je plaignais les taureaux. Et puis : stop ! Je ne consomme plus !

L’héritage en question

Très souvent les enfants paient le prix fort pour les rêves, les passions et le travail de leurs parents. Il est légitime qu’ils reçoivent le paiement de leurs heures de solitude, d’abandon parfois et de tristesse souvent. L’héritage est alors le règlement d’une dette.

La vie des mots

On entend dire « ce mot est trop vieux, ces  phrases sont trop compliquées »…  Les mots suivent des modes, l’important c’est qu’ils existent. Chacun peut les choisir, les lire ou les faire vivre à sa façon. Faire ce genre de reproche n’est qu’un aveu d’ignorance ou d’intolérance.

Ressenti de voyages

France maternelle

Belgique culturelle

Espagne chaleureuse

Italie majestueuse

Irlande poétique

Hollande bucolique

Grèce fantastique

Autriche esthétique

Allemagne fière

Angleterre altière

Et Portugal

Si amical !

JMC 25-10-25

De l’autre côté

Est-ce une perversion,

Un goût morbide

Ou une curiosité

Très curieuse ?

J’ai toujours aimé

M’intéresser

Aux plus faibles

Aux plus violents

Aux plus lâches

Aux plus tyrans

Aux plus ignorants

Aux plus oubliés

À tous les mal-aimés

 À tout ce qui fait

Leur particularité…

Par amitié ?

Non… pas vraiment !

Mais pour essayer

De voir comment

Ils pourraient

TRAVERSER…

JMC 5-11-25

Vertige

Picos de Europa

Tout est vertige,

des hauts sommets

aux profondes vallées,

des cieux lumineux

aux sombres catacombes,

des grandes fortunes

aux pensions de misère,

des châteaux de Bavière

aux cabanes de branches,

Des orgies parisiennes

Aux cruelles famines,

Des fières démocraties

Aux tyrannies sanglantes,

De nos douces amours

Aux haines stupides,

Tout est vertige

03-11-25

Racines

Ces racines ont trouvé quelques centimètres de terre pour s’épanouir. Au-dessous, la roche est inviolable.

Il suffit d’un peu d’espoir pour survivre.

Cascades

L’important, ce n’est pas le pont que je dois traverser, c’est le torrent que je dois vaincre.

Je ne dois pas m’enorgueillir des difficultés dépassées alors que le danger était nul.

Il est bon d’apprendre à un enfant de faire la différence entre le vrai danger, la simple difficulté et la vie normale.

Entre chien et loup

J’aime cette heure chargée de toutes les angoisses, l’heure de la fatigue et de l’incertitude, l’heure où il m’est impossible de regarder dans les yeux un chien ou un loup et de le reconnaître. C’est aussi l’heure de toutes les fantasmagories.

Allégorie

Souvent, le vent frappe à la porte 
De mes douloureux souvenirs,
Il gémit, grossit et s’emporte,
Il explose sans avertir.

Je sais qu’il détient la mémoire
De cette affreuse nuit d’hiver
Où la tempête si notoire
A couché les plus fiers

Des arbres, ma toiture
Et mes fenêtres mal fermées.
Il a suffi d’une fissure
Pour détruire ce que j’aimais.

JMC 27-10-25

Vers la plénitude de l’océan

Comme les gouttes d’eau se réunissent pour former un fleuve, puis l’océan, nous devons nous fondre dans ce qu’il y a de grand et de meilleur.

Notre avenir commun

Nous créons notre avenir humain chaque fois que nous refusons les intérêts particuliers et les ambitions personnelles.

Ne pas dévaloriser

L’être humain est le seul être vivant qui sait explorer scientifiquement la réalité pour créer son avenir. Il est parvenu à cette étape grâce à l’évolution de toutes les autres espèces animales. Dévaloriser l’être humain au profit d’une autre espèce est une régression.

Plus haut, plus loin

 
Ne nous étonnons pas de l’existence du mal ni des fausses croyances. Il n’est important que d’aller plus loin vers la perfection. Nous ne condamnons pas un handicapé, nous l’aidons à trouver des moyens pour surpasser ses incapacités. Nous ne condamnons pas une humanité imparfaite, nous l’aidons à avancer.

Points de suspension

Toutes les religions présentées comme l’explication véritable du monde ne sont que des points de suspension.

L’enfer

Comme les trois points de suspension sont le symbole de l’inachevé et du sous-entendu, la notion de l’enfer est la métaphore symbolique de l’imparfait et de l’incomplet.

Hugo, en haut

J’ai toujours eu des pensées émues et  admiratives pour Victor Hugo, perché dans sa verrière, au troisième étage de sa maison de Guernesey, devant l’horizon maritime qui lui a insufflé l’imagination nécessaire pour écrire ses œuvres magistrales (Les Misérables, Les travailleurs de la mer, et autre Quatre-vingt-treize…)

Souvenirs localisés

L’aspect minéral, végétal ou bétonné d’un lieu ne m’intéresse pas vraiment si j’ignore qu’il fut, un jour, le théâtre  de la vraie vie. Au-delà de sa Beauté, un lieu m’intéresse surtout si je peux y reconnaître par la pensée des gens qui y ont vécu ou qui y sont morts.

Te souviens-tu ?

Chaque lieu, citadin ou rural, est un décor. Il cache sous son masque tout une histoire, ou des événements secrets qui créent des sentiments forts à ceux qui les  connaissent.

Ta paix

Je t’aime. Et je t’aimerai

Si tu chantes encore

Les prières de l’aurore.

Et je sais que ta paix

Sera retrouvée

Quand jaillira ta voix

Au-delà des vents froids

Et des mers glacées

De nos passions passées.

Envol

Photo de Alex Azabache sur Pexels.com

Tu regarderas enfin

La Terre tout entière

Sur les ailes de nos prières.

Tu prendras ton envol,

Tu feras, des idées folles,

Un rêve devenu réalité,

Un mythe réalisé,

Un pouvoir grandiose

Où naissent les roses

Qui ne fanent jamais.

Étreintes

Tu balanceras tes bras

Pour embrasser le monde,

Tu serreras fort sa poitrine

Où bat le cœur des oubliés.

Tu répéteras en écho

Que tu nous aimes

Sans mièvrerie

Sans innocence

En toute liberté.

Confiance

Tu diras fort

Que les plus forts

Ne t’aiment plus

Et ne croient

Jamais en toi,

Mais que tu es là

Les yeux plantés

Dans la gloire des temps nouveaux.

Instants de mémoire...

Livres et textes divers de Jean-Marie Claudé

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