Faisons la fête !

Quand un accord de paix est signé, l’ancien tueur fait mousser sa réussite … Mais, même avec un Prix Nobel, il reste un tueur.

Douceur

J’avais une élève douce
Comme un matin de printemps
Elle posait cahiers et trousse
Et souriait presque tristement

Sa main parcourait les pages
De son précieux livre
En lents mouvements sages
Que J’aimais suivre

Son aura secrète
Faisait naître en moi
Un petit air de fête
Et une douce joie

Je n’étais ni son frère
Ni son ami, ni personne
Et je la regardais faire
Avant que la cloche ne sonne

06-10-25

Tout nouveau, tout beau

Au XIXème siècle, on disait que tout ce qui était ancien était solide, fiable et stable…

Nos sociétés modernes valorisent au contraire tout ce qui est récent et inattendu.

En politique, ce n’est pas vraiment probant !

Le poids du vide

Ceux qui n’ont pas eu d’instruction se sentent obligés de se réfugier dans leur culture familiale et sont les plus durs à convaincre de l’évolution des sociétés.

Ma chaise

Le vieux teck du canapé 
A fait un gros malaise
Alors je dois me taper
Ma plus vieille chaise !


Elle a les couleurs
Des bois d’automne
Et les douces rondeurs
Que mon dos lui ordonne


Avec elle, je moissonne
D’innombrables heures
Sa paille jaune rayonne
D’un vieux bonheur


Son vernis s’écaille
Par ici ou par là
Et, depuis peu, s’émaille
De plus ternes éclats


Aux lampes tamisées
Elle gémit sous mon poids
Et prend des tons irisés
Quand je vais dans ses bras


04-10-25

Dire

Une poésie

N’a pas besoin

D’être compliquée

Elle dit le cri,

La voix et le chant

Que l’on entend

Du cœur de la cité

Au champ du voisin.

Avant… après…

Avant…

Je passais tout mon temps

Innocent et inconscient

Je ne savais rien

Ou si peu de choses

De la vie des chiens

Et de la couleur des roses

Depuis…

Chaque jour j’entends,

Coupable et conscient,

Les cris de colère

De tous ces humains

Qui laissent leurs terres

Et meurent en chemin.

Pourquoi donc ?

Pourquoi est-on « barbouillé » au niveau des intestins et « débarbouillé » au niveau du visage ?

Présentation

On te présente quelqu’un : parfois la mèche est mouillée, d’autres fois, c’est l’explosion. Bizarre que l’allumage soit si capricieux !

Des outils !

Faire une phrase sans connaître la grammaire, c’est cultiver un grand jardin les mains nues.

Question de bonheur

On dirait qu’il y a plus de gens heureux sur les bateaux que sur les réseaux sociaux. Conclusion : faites du bateau !

Fragilité

Il en va de la grandeur des puissants comme des bulles de champagne: ça monte, ça monte, ça explose et ça disparaît !

Grammaire féminine

Ni Principale, ni Subordonnée, la femme est indépendante !

Choc culturel

J’ai connu des hommes -nombreux-  qui se disaient propriétaires de leur femme et de leurs enfants. Surtout quand ils avaient payé le prix fort pour leur mariage. Propriétaires de leurs corps, ils disaient qu’ils pouvaient en disposer comme ils le désiraient (confinements, coups, excisions…)

Relatif !

Hautacam, le 14-09-25

Il n’y a pas de certitudes, ni politiques, ni religieuses, ni économiques. Il n’y a que les regards de l’instant.

Fatalisme

Le fatalisme est la négation de l’humain. Vivre, c’est vouloir et créer !

O.N.G.

Il y a les ONG qui sauvent des vies, et des vies qui sauvent des ONG…

Température télévisuelle

Il y en a qui ne prennent plus leur température avec un thermomètre ! La TV leur suffit : bonne santé après une médaille d’or et maladie après une hausse des prix !

Bilan

J’ai oublié le peu que je savais, je sais donc que je ne sais rien et je ne sais pas encore ce que je pourrai savoir…

Ah,si ! Une chose ! Je sais que j’aime !

Le voile d’Ophélie

Argelès-Gazost, le 12-09-25

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles… »

Arthur Rimbaud

Octobre rose

Octobre rose, novembre rose, décembre rose, janvier rose …

Rencontre

Quand Arion Ater (loche noire) rencontre Arion Rufus (loche rouge)…

Il s’en passe des choses en ce 10 septembre !

Visite à Sisyphe

Albert Camus et les Anciens ont oublié que le rocher poussé par Sisyphe retombe forcément et que, chaque fois, il perd des atomes, ou des morceaux plus gros… Si bien qu’un jour, le rocher sera réduit en poussière et que Sisyphe pourra se reposer dans un bonheur total.

Assailli !

Mes yeux égarés,

Ma bouche tue,

Mon ouïe trompée,

Ma raison perdue…

Qui sont ces robots

Qui me maltraitent

Et font beaucoup trop

D’emplettes sur ma tête ?

Rentrons !

La  quiétude de l’été passe souvent par le vide d’informations et par l’oubli des soucis. La rentrée, c’est donc un superbe plongeon dans un océan de nouveautés : rentrées littéraire, politique, télévisuelle, scolaire, sportive et forcément familiale. Bon bain !

Chanson de la pluie

Tu avais raison, Paul !

« De la musique avant toute chose !

Et pour cela, préfère l’imper ! »

Pluie

Qu’est-ce que la pluie

Sinon les larmes qui revigorent

Le corps et l’esprit ?

29-08-25

Duel

Même si le Conscient voit bien le chemin, l’Inconscient n’en fait qu’à sa tête !

Final

Les vagues se taisent.

Les parasols sont fermés

Sur les souvenirs.

24-08-25

Merveilleux !

« Le psychisme est vraiment un merveilleux mécanisme, capable de tout inventer, y compris les miracles.»

Walter Bonatti (alpiniste)

Espoirs

Au vent de la nuit,

Deux femmes jetaient des regards éperdus

Leurs mains réunies

11-08-25

En soirée

Vint l’eau de la source.

Les hirondelles en rayures bleutées

Frôlaient l’onde noire.

08-08-25

Martin Eden

… jamais il n’avait pris racine. Il s’était adapté suffisamment pour satisfaire les autres, mais non pour se satisfaire lui-même. Partout, un sentiment d’inquiétude l’avait poursuivi, partout une voix l’avait appelé ailleurs et il avait erré à travers la vie, mécontent, jusqu’au jour où il avait trouvé les livres, l’art et l’amour.

(Martin Eden, de Jack London)

Agia Effimia *

Ne ferme pas les yeux sur Agia Effimia. Continue longtemps à regarder ce joli port. En début de journée, le soleil en exacerbe chaque couleur. Regarde les événements les plus simples de la vie comme ce petit enfant qui pousse son minuscule vélo rouge sans pédales sur le môle, sous les regards admiratifs de ses parents. Ils empruntent le plateau du parking imposant bordé de gros rochers blancs d’un côté et d’orgueilleux voiliers de l’autre.

Amuse-toi à imaginer la vie de ces promeneurs des mers qui commencent à tour de rôle, depuis le début du jour, à quitter leur mouillage après une nuit de rêves impossibles, car atteindre réellement un but nous lance immédiatement sous le joug des projets fantasmés.

Entends le bruit de la chaîne de l’ancre qu’ils remontent et du moteur qui lance le navire vers le large. Ces touristes maritimes ont passé la nuit ici, pas loin de toi. Ils ne t’ont pas regardé mais toi, tu les as vus quand ils prenaient l’apéritif après la disparition du soleil. Et ça parlait fort, et ça parlait anglais. Tous ceux-là entendaient poursuivre le rêve de l’empire britannique dominant le monde. Ils ne le disaient pas mais ils étaient chez eux.

Tu seras certainement un peu nostalgique de ta jeunesse en voyant ces trois jeunes adolescentes qui, tout affairées à la découverte de leur corps et de leurs attraits, se lancent ostensiblement dans des épreuves immédiates de charme sur tous les marins qui posent un pied sur le quai.

Observe l’incroyable alignement des restaurants sur la rue de la plage. Ils absorbent tout à coup une vague de touristes affamés au milieu de senteurs culinaires épaisses.

Je t’en prie, médite longuement sur le spectacle d’Agia Effimia, essaie de comprendre ce qu’il s’est passé.

Je sais que tu vas être submergé par des souvenirs lointains et des émotions puissantes. Tu te rappelleras que dans une autre vie, il y a fort longtemps tu passais ici après avoir quitté ton île et laissé ta douce Pénélope, là, juste à côté, mon cher Ulysse.

JMC

  • Agia Effimia est un petit port situé sur la côte est de la Céphalonie (Grèce), très proche de l’île d’Ithaque.

Mal coiffée

En cet instant, j’ai la tête pleine

De feuilles, de folies et d’orages

Je tente de rester paisible et sage

Mais le vent me décoiffe et me peine.

Confidence du soleil

J’ai des bouffées de chaleur humaine

Ma peau brûle des espoirs formulés

Et brille du regard des amants.

Ciel bleu

Le ciel est dur, violent

Profond, inaccessible.

Comme la coupe de vin

Et le pain de vie éternels

Ce ciel mange la paix

Qui m’inondait le corps

Et me donne la soif

De l’incertaine quiétude

Je ne sais pourquoi

La pureté extrême

De ce ciel que j’aime

Me terrifie aussi

Le vide

L’herbe était verte

Et la pluie douce à ma peau.

Le soleil était un ami.

J’écoutais les oiseaux.

Mais l’herbe jaunit,

La mésange déserte

La pluie est acide.

Le soleil est l’ennemi

De la vie…

On fait le vide !

Le Vestibule des Larmes

L’impératrice Élisabeth s’asseyait sur ce même banc, face à son château de Corfou. Elle l’appelait « le vestibule des larmes » parce qu’elle venait y pleurer la mort de son fils Rodolphe et l’absence de ses amis.

Parfois, mes amis
Me font à l’esprit
Un petit sourire
Et mon cœur chavire.
Alors moi aussi
Je leur expédie
Quelques mots tendres
Que j’avais gardés
Pour me les réciter
Et me les entendre…

JMC (25-06-25)

Écho d’ego

La canicule écrase l’Europe. Chaque arrêt a l’ombre est l’occasion de prendre un verre de plaisir.

Toujours admiratif des paysages marins et des hommes qui ont entrepris de nouvelles aventures.

Sénèque et Marc Aurèle (ci-dessus) ont marqué mon adolescence et mes pensées : ni enthousiasme débordant ni pessimisme !

Instants de mémoire...

Livres et textes divers de Jean-Marie Claudé

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