
Désinvolte
Je vole
Virevolte
Et donne vie
Aux visages
Des paysages.
Les villages
Trop sages
Me dévisagent
Avec émoi
Quand je parle droit
Et que je tutoie
Les nuages.

Désinvolte
Je vole
Virevolte
Et donne vie
Aux visages
Des paysages.
Les villages
Trop sages
Me dévisagent
Avec émoi
Quand je parle droit
Et que je tutoie
Les nuages.
«

Dans ma nuit,
J’écris
Des mots lumières,
Éclairs silencieux
En tours filiformes
Et lentes exubérances,
Pour qu’ils surveillent
Mon futur sommeil.

Sous le pont implacable
De poutres d’acier et de câbles,
Vogue une voile livide.
C’est Charon, le triste guide,
Qui nous attend
Patiemment.
Le nocher s’ennuie.
Je viens à lui.
– Je n’ai pas la moindre obole…
Il me dit « Ce n’est pas drôle !
Tu resteras ici
Avec les Vivants… Tant pis !

Je vois les hommes
Je regarde les animaux
Je contemple la nature
J’admire l’ensemble
Et je crois en l’unité.

Sur le tronc grisonnant sont apparues des rides
Des taches brunâtres et des plaques livides,
Mais, au cœur, en secret, tu bâtis la grand’ voile
Qui te conduira bien au-delà des étoiles.

Pour glisser hors de la gangue de glace
Il faut se réchauffer au cœur :
Musique, peinture ou écriture,
Mais chaque fois poésie,
Aller au-delà de nos espérances frileuses
Plus loin que l'Histoire en papier glacé
Et permettre
Que soient découvertes
Les portes de l'espoir.

Que vibrent les couleurs
De nos forêts tumultueuses
Et qu'explosent nos sens
Pour vivre riches et créateurs !
Que coule l'eau de l'inspiration
A l'orée des forêts imaginaires
Pour que nous puissions bâtir
Nos poésies altières !
Que chantent nos baisers doux
Et nos caresses veloutées !
Et nous ferons de nos tendresses
Un lit de naissances.

- MOI
- – Bonjour !
- LA SECRÉTAIRE
- Bonjour, Asseyez-vous. Votre carte vitale ? Merci ! Votre carte d’identité ? Merci ! Bien. Votre assurance maladie complémentaire ? Merci ! Votre dossier ? Très bien. Votre ordonnance ? C’est bon. ! Votre médecin traitant ? Je vois. Votre date de naissance ? D’accord. . Votre adresse postale ? Votre adresse mail ? J’ai tout ça ! Votre numéro de téléphone se termine par 09 ? Très bien. Vous avez répondu au questionnaire ? Oui , c’est bon. Vous avez bien signé le document ? Oui en effet. Vous êtes à jeun ? Vous avez votre dernière analyse ? Bon ! Je crois qu’on y est… Vos papiers sont complets. Alors, vous recevrez par Internet le compte rendu de votre examen d’aujourd’hui. Vous trouverez par mail un code pour accéder à notre plateforme et à vos données. Vous pourrez les transmettre vous-même à votre médecin traitant dès demain. Très bien. Vous n’avez pas de question ? Vous pouvez y aller ! Alors vous sortez par cette porte à gauche. Vous prenez à votre droite dans le couloir. Vous allez jusqu’au fond. La, vous prenez à votre gauche et vous ouvrez la cinquième porte. Pas la peine de sonner. Vous pouvez vous asseoir dans la salle d’attente en attendant qu’on vienne vous chercher… C’est bon ? Pas la peine de vous le répéter ? Très bien ! Au revoir Monsieur ! Je vous souhaite une bonne journée
- MOI
- Merci !

Le ciel pèse comme un suaire
Couvert de pleurs et de poussière.
La pluie grasse colle à la peau.
Ré exhibe ses oripeaux.
Dernier bastion d’une frontière
Qui nous ouvre à l’imaginaire
Fort Énet bientôt se noiera
Entre l’île d’Aix et Fouras,
Il n’y aura plus de lumière
Sur la vague noire en colère
Les ombres grises des vivants
Glisseront au vent, nuitamment.
Souvent tel spectacle fugace
Laisse en nous le plaisir vivace
D’être à ce monde si présents
Que nous l’aimons infiniment.
29-11-25

Quand rugissent mes nuits, que je cauchemarde,
Que je vois des gorgones goguenardes
Parmi mes ombres familières,
J'aime à penser que tes mains fières
Mais attentives me caressent.
Et que mes fantasmagories disparaissent.

Tu te dis feuille
Et je te sais écu d'or.
Tu te racontes neige
Et je te vois si chaleureuse !
Tu te présentes rocaille
Et je te décris trône impérial.
Tu te veux nuage
Et je t'aime limpide azur.
Tu te vêts de robe de lumière
Et je te prends ainsi.

Est-ce nous
Qui avons planté ces fleurs ensemble ?
Est-ce nous ?
Est-ce tout
Ce qu'elles apportent : des couleurs ?
Est-ce tout ?
Oui c’est fou
Qu'elles nous aident aussi à aimer !
Oui, c’est fou !

Les réseaux sociaux équivalent aux balades dans la rue d’autrefois. On traîne, on se promène, on fait des rencontres, on se salue et on se quitte rapidement. La seule différence, c’est qu’on ne peut pas aller boire un coup ensemble !

Nous égrenons
Lumières et ombres
Rêves et cailloux
Chemins et alcôves
Ors et ambres
Azurs et mauves
Violents et doux.
Nous avançons.

La jonchée d'automne
Livre aux primes gelées
Ses gris et ses ocres
Mais au cœur de l'humus
Bouillonne le ferment
D'une vie renouvelée.
Et sous les souvenirs ardents
Vibrent les accords
De nos musiques croisées.

Jamais
Je ne peux oublier
Que l'eau d'une rivière
Me conduit toujours à la mer.
Mais
Je ne peux ignorer
Que les mots de mon âme fière
Me conduisent toujours à l'amer.

Fleurs des chants
Et pleurs des champs,
Au bout d'une sente sur l'îlette
Déserte
Mais
Offerte
Aux yeux concupiscents,
Des papillons
Et des pipistrelles,
S'essayaient
A des saillies sages
Sur leurs tiges.

Il est des soirs
Grands et glorieux
Qui disent la beauté du monde.
Viennent alors les dragons furieux
Et les vouivres immondes
Qui ruinent les espoirs.
Alors je prends la cithare
Et j'égrène les notes profondes
De mes chants langoureux.

Être rivé à l'incertitude
Entre deux rives aveugles.
Ne plus connaître le chemin
Des destinées, ni le cours
Du fleuve crevé de questions.
Être pantelant du délire de vivre
Et flotter hagard
Entre l'abime et le ciel.

La blanche tour
Qui surprend mon regard usé
Veille le vieux port

Deux grands cygnes
Font signe
À leurs deux cygneaux
Qu’une cigogne
À sans vergogne
L’insigne désir
De venir
Se poser sur l’eau.
Maman cygne
Grogne
Contre l’indigne
Cigogne
Et fait un signe
À ses deux cygneaux
Qui fuient sous les roseaux
JMC 15-11-25

La jeunesse est une lutte pour améliorer les performances de notre corps, la vieillesse est une lutte pour en limiter les défaillances.

Des flots de soleil
M’avaient inondé de lumière
Et je buvais la tasse
Et je coulais
Au fond de l’ivresse
Et je me noyais
Dans le noir bonheur
12-11-25

Durant mon enfance, j’ai été éduqué à la course landaise. Je plaignais les écarteurs. Adulte, j’ai découvert les corridas. Je plaignais les taureaux. Et puis : stop ! Je ne consomme plus !

Très souvent les enfants paient le prix fort pour les rêves, les passions et le travail de leurs parents. Il est légitime qu’ils reçoivent le paiement de leurs heures de solitude, d’abandon parfois et de tristesse souvent. L’héritage est alors le règlement d’une dette.

On entend dire « ce mot est trop vieux, ces phrases sont trop compliquées »… Les mots suivent des modes, l’important c’est qu’ils existent. Chacun peut les choisir, les lire ou les faire vivre à sa façon. Faire ce genre de reproche n’est qu’un aveu d’ignorance ou d’intolérance.

France maternelle
Belgique culturelle
Espagne chaleureuse
Italie majestueuse
Irlande poétique
Hollande bucolique
Grèce fantastique
Autriche esthétique
Allemagne fière
Angleterre altière
Et Portugal
Si amical !
JMC 25-10-25

Est-ce une perversion,
Un goût morbide
Ou une curiosité
Très curieuse ?
J’ai toujours aimé
M’intéresser
Aux plus faibles
Aux plus violents
Aux plus lâches
Aux plus tyrans
Aux plus ignorants
Aux plus oubliés
À tous les mal-aimés
À tout ce qui fait
Leur particularité…
Par amitié ?
Non… pas vraiment !
Mais pour essayer
De voir comment
Ils pourraient
TRAVERSER…
JMC 5-11-25

Je rêve, je ne sais que faire…
Tout m’importe et tout m’indiffère.
Tout est gris quand tout est lumière.
Je veux partir et je m’enterre.
Je pense, je ne sais rien faire…
L’oisiveté m’est délétère.
Je n’ai plus d’amis, ni de frères,
Pourtant j’aime la terre entière..
JMC 02-11-25

Tout est vertige,
des hauts sommets
aux profondes vallées,
des cieux lumineux
aux sombres catacombes,
des grandes fortunes
aux pensions de misère,
des châteaux de Bavière
aux cabanes de branches,
Des orgies parisiennes
Aux cruelles famines,
Des fières démocraties
Aux tyrannies sanglantes,
De nos douces amours
Aux haines stupides,
Tout est vertige
03-11-25

Ces racines ont trouvé quelques centimètres de terre pour s’épanouir. Au-dessous, la roche est inviolable.
Il suffit d’un peu d’espoir pour survivre.

L’important, ce n’est pas le pont que je dois traverser, c’est le torrent que je dois vaincre.
Je ne dois pas m’enorgueillir des difficultés dépassées alors que le danger était nul.
Il est bon d’apprendre à un enfant de faire la différence entre le vrai danger, la simple difficulté et la vie normale.

J’aime cette heure chargée de toutes les angoisses, l’heure de la fatigue et de l’incertitude, l’heure où il m’est impossible de regarder dans les yeux un chien ou un loup et de le reconnaître. C’est aussi l’heure de toutes les fantasmagories.

Souvent, le vent frappe à la porte
De mes douloureux souvenirs,
Il gémit, grossit et s’emporte,
Il explose sans avertir.
Je sais qu’il détient la mémoire
De cette affreuse nuit d’hiver
Où la tempête si notoire
A couché les plus fiers
Des arbres, ma toiture
Et mes fenêtres mal fermées.
Il a suffi d’une fissure
Pour détruire ce que j’aimais.
JMC 27-10-25

Comme les gouttes d’eau se réunissent pour former un fleuve, puis l’océan, nous devons nous fondre dans ce qu’il y a de grand et de meilleur.

Nous créons notre avenir humain chaque fois que nous refusons les intérêts particuliers et les ambitions personnelles.

L’idée d’Aristote que l’humanité est arrivée à un niveau supérieur dans le monde animal ne remet pas en cause l’importance et le rôle essentiel de toutes les espèces animales. Cependant, il ne faut pas surévaluer leurs capacités par simple réflexe affectif ou sentimental. Il ne faut pas non plus tomber dans l’antispécisme de Richard Ryder qui dévalorise l’humain.

L’être humain est le seul être vivant qui sait explorer scientifiquement la réalité pour créer son avenir. Il est parvenu à cette étape grâce à l’évolution de toutes les autres espèces animales. Dévaloriser l’être humain au profit d’une autre espèce est une régression.

Ne nous étonnons pas de l’existence du mal ni des fausses croyances. Il n’est important que d’aller plus loin vers la perfection. Nous ne condamnons pas un handicapé, nous l’aidons à trouver des moyens pour surpasser ses incapacités. Nous ne condamnons pas une humanité imparfaite, nous l’aidons à avancer.