Action humanitaire

L’action humanitaire forme notre expérience, informe notre connaissance et transforme notre conscience.

L’amour aussi !

Bel ara

C’était un ara somptueux 

Au plumage lumineux.

C’était un savant.

Son maître, confiant,

Voulait en faire un ami

Pour passer avec lui

Des moments de communion

Et de sages réflexions…

Or le perroquet répétait

Sans même sourciller

Tout ce qu’il avait vu,

Appris et connu.

Mais pour les émotions

Et pour toute invention

On pouvait se brosser.

Ainsi, comme ce perroquet,

L’intelligence artificielle

Se fait toute belle,

Et reste soumise

A ceux qui l’ont entreprise,

Mais point d’amour…

(Du moins à ce jour…)

Le cache-misère

Le cache-misère est un recueil de nouvelles que je viens d’éditer sur Amazon

Vidéo

Les bouées de sauvetage

A priori, si l’on veut protéger la Terre et l’Humanité, il faudra diminuer la population mondiale, réduire la consommation et supprimer la pollution. Qui est prêt ?

Ultra-libéral

Il y a un adjectif qui ne qualifie pas du tout le président Trump, c’est « ultra-libéral » quand on voit tout ce qu’il interdit.

À quinze ans

Le monde me paraissait bizarre

On me parlait d’efforts attendus

J’aimais ce qui m’était défendu.

Je pleurais alors sur ma guitare

Mon enfance et mon père perdus,

Les amies que je n’avais pas émues

Je rêvais de voyages et d’histoires,

D’aventure en rivage inconnu

Et chantais Verlaine dans ma rue.

Une famille d’autrefois


Y’avait la vieille grand-mère
À la voix grasse et sévère
Qui faisait plein de manières
Pour poser son gros derrière
Sur les deux planches du banc
Et soufflait péniblement

Y’avait aussi le vieux Paul
Qui fixait toujours le sol
Et frappait, d’un bâton blanc,
Ses pieds nus et gris, en sang.
Et l’ombre du vieux tilleul
Lui faisait un vert linceul.

Y’avait aussi Jacqueline
Qui devenait très câline
Quand un beau mâle arrivait,
La couchait et lui faisait
Un beau cadeau pour neuf mois
Mais la quittait chaque fois.

Y’avait la jolie Michelle
Qui savait qu’elle était belle,
Qui m’offrait une violette
Quand ce n’était pas ma fête
Et qui plongeait toute nue
Dans l’eau du fleuve, ingénue.

Y’avait enfin le Jacky
Ingrat, méchant et maudit
Qui tuait les animaux
Et se couvrait de leur peau
Comme médaille de gloire,
Pour mieux entrer dans l’Histoire !
19-01-25

Par grand froid

Les carrelets 
Enlacés
Et frileux
Dorment un peu.
La mer
se perd
Dans l’éther
La mer
n’est plus
Et la terre
non plus

Où es-tu ?




Où sont tes yeux
Qui m’aimaient alors
Où sont tes yeux
Je t’aimais si fort
Où sont tes yeux
Que je cherche encor

Où sont tes lèvres
Que je pressais alors
Où sont tes lèvres
Que je mordais si fort
Où sont tes lèvres
Je sais, j’ai eu tort

Où sont tes mains
Qui me frôlaient alors
Où sont tes mains
Qui serraient mon corps
Où sont tes mains
Sans cet anneau d’or

Où sont tes seins
Mes doux trésors
Où sont tes seins
Que tu m’offrais alors
Où sont tes seins
Qu’un autre adore

Où sont tes mots
Que j’entends encor
Où sont les mots
De tous mes torts
Où sont tes mots
Qui me tuent encor ?


Réponse

Eh toi ?
Toi, oui !
Tais-toi !
T’es qui
Pour rire
De moi
Et dire
Qu’ ça va ?
Si tu siffles
Encore une fois
Je te gifle
Comme ça !

Après l’injustice…

Il n’y a plus de morale quand il ne reste que celle du justicier.

Discutons !

Tout n’est pas important dans ce que nous disons, mais tout débouche sur des conséquences qui peuvent l’être. Les conversations les plus banales ont parfois un rôle capital et inattendu.

Rebelle

Jeunesse...
Rebelles générationnels,
Insoumis sans appel
Entre l'overdose

Des rêves télévisuels
Et la réalité cruelle
Des peu de choses
Jeunesse
Qui vomit ses injures,
Dénonce les forfaitures
Hurle, crie, maudit
Et qui attend sans gêne
L'instant d'effervescence
L’exutoire des vengeances
Des pillages, des aubaines
Et des coups de sang
Dans le vide angoissant
Des lois et des règlements


Impact météo

-C’est donc la pluie ? - Oui, oui !
- Vite au lit ! Vite au lit !
Pour des guiliguilis,
Je suis à ta merci !

- C’est donc le vent ? - Oui, oui !
- Vite au lit ! Vite au lit !
Pour des câlineries
Et des bisous aussi.

- C’est le soleil ? - Oui, oui !
- Sors du lit, mon amie !
Allons au pré joli
Cueillir des pissenlits.

Aranjuez

Carnet de voyage : 13

Le château est très beau. Aussi beau que le concerto éponyme ! Mais si l’on imagine un instant toutes les conversations secrètes, les murmures hypocrites, les rumeurs nauséabondes que ces murs ont entendus, on reste forcément glacé d’effroi. La reine espagnole Isabelle II y a vécu des flatteries honteuses, des trahisons, des conspirations et des ambitions malsaines venues de tous les côtés. D’ailleurs, elle n’était pas la dernière à lutter ainsi. Elle est devenue reine à 3 ans et a été chassée du trône à 38 ans. Elle a eu le temps de faire de ce palais un joyau de la monarchie espagnole.

La salle du trône

La chambre de la reine

Délire rococo

Carnet de voyage : 12

La cathédrale

Chaque artiste-artisan qui a créé son œuvre dans la cathédrale de Tolède ne l’a pas fait pour être reconnu. Dans ce grand désordre baroque et rococo, il est impossible de s’attarder sur une seule production. Tout nous invite à regarder ailleurs. Tout nous surprend et l’on ne regarde rien. Seule impression au final : les catholiques se sont délestés de fortunes colossales pour une gloire bien discrète et pour une piété imposée. On ne ressent pas la même chose quand on regarde Notre Dame de Paris.

Les murs de Tolède

Carnet de voyage : 11

Tolède s’enveloppe

Dans le châle si fier

De ses vieilles murailles.

Puis elle développe

Ses bonsoirs de lumière

Lorsque le jour défaille !

Qu’y prie-t-on ?

Carnet de voyage : 10

La cathédrale

Les premiers chrétiens sont présents à Tolède dès le début du 2eme siècle. Ils bâtissent des églises.

Puis, s’y réunissent les Juifs dans un quartier spécifique. Ils construisent des synagogues.

La synagogue

Enfin arrivent les Arabes au VII siècle. Ils bâtissent des mosquées.

La petite mosquée

Ville cosmopolite, certes ! Mais tout ne se fait pas dans le calme. La tolérance a des limites et n’était pas aussi présente qu’on voudrait bien nous le faire croire aujourd’hui.

un acier bien trempé

Carnet de voyage : 9

200 ans avant J.C. Hannibal quittait Carthage (Tunis) pour battre les armées romaines. En traversant l’Espagne, il entend parler d’un acier remarquablement solide fabriqué à Tolède. Il en équipe son armée et bat les Romains. Puis battu à son tour, il cède la technique à Scipion. L’armement romain deviendra ainsi le meilleur de son époque.

L’Aigle de Tolède

Carnet de voyage : 8

J’étais enfant et j’écoutais le Tour de France, assis devant le poste de radio familial. Les coureurs roulaient péniblement sur les pentes abruptes vers les sommets. Soudain , l’Aigle de Tolède s’envolait, libre et facile, jusqu’à la victoire. C’était Bahamontes !

Tolède, haut perchée

Carnet de voyage : 7

Le centre historique de Tolède est situé vraiment très haut ! Pour éviter la pollution causée par des milliers de voitures, les responsables locaux ont créé d’immenses escalators à partir de grands parkings pour arriver en quelques minutes frais et dispos devant les richesses architecturales et artistiques de la ville.

Dis, Jésus, où tu crèches ?

Carnet de voyage : 6

L’épiphanie, le 6 janvier, est une des grandes fêtes de l’année en Espagne. Les enfants reçoivent leurs cadeaux. Et les adultes continuent à être des enfants en créant dans les églises et les monuments des crèches richement ornées. Un patrimoine culturel qui tient plus du bonheur d’être ensemble que d’une prétendue obsession politico-religieuse.

La ville du Greco

Carnet de voyage : 5

Né à Candia en Crète, El Greco a travaillé à Venise auprès du Titien et des œuvres de Tintoret et de Veronese avant de s’installer à Tolède.

D’eux, il a appris la technique des couleurs vives et profondes. Comme chez tous les grands peintres, son style est reconnaissable au premier coup d’œil.

Nocturne de Tolède

Carnet de voyage : 4

Les Espagnols attendent chaque soir l’illumination de leur ville entre Noël et la fête des Rois. Les rues sont noires de monde. Des bébés aux personnes âgées, tous affichent la joie d’être ensemble, malgré les températures très fraîches.

Carnet de voyage 3

Numance : Alésia espagnole

À quelques kilomètres de Soria, les ruines de Numance gardent le souvenir du drame de cette ville. Près de 80 ans avant Alésia, les habitants avaient préféré mourir de faim ou se suicider plutôt que se rendre au général roman Scipion, le même qui avait détruit la ville de Carthage.

Intérieur celtibère de Numance

Carnet de voyage 2

Ce n’est pas du soleil, mais ce n’est pas la pluie non plus qui nous accueille à Soria. Cette ancienne place forte est aujourd’hui une ville qui s’étire sur plusieurs collines. À quelques jours de la fête des rois, elle brille de toutes ses lumières LED et de ses décos de Noël.

Carnet de voyage 1

Les chutes de neige de décembre ont été abondantes et le froid qui a suivi a consolidé les couches. La glace devient dangereuse pour les randonneurs et les skieurs imprudents. Mais pour les promeneurs de faible altitude, les paysages éclatent de lumière et sont porteurs de cette paix intérieure qui suit les festivités.

Une publication par jour

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Une publication par jour

Le pardon

Le pardon, c’est l’arrêt de l’agressivité, mais jamais l’oubli du mal qui a été fait.

Se remettre en question

Les nantis que nous sommes sont tellement bien défendus par des armées de brillants avocats que nous ne pouvons plus avancer d’un pas vers la justice et la paix. Nous restons frileux devant les changements climatiques et égocentriques devant les chocs économiques.

BONNE ANNÉE !

Voilà une petite année 
Qui a bien fait de passer
Et de se terminer
Sans trop nous abîmer.
Vive la nouvelle !
Qu’elle soit belle !
Et que nos vœux
De vivre heureux
Ne soient pas des paroles
Qui s’envolent
À toi, à vous…
Bonne année à tous !


Bilan

Un bilan ?
Un bibi,
Lent, lent…
Enfant,
On attend le temps
D’être grands…
On prend le bibi,
Puis on l’abandonne…
Plus tard, on le donne !
Tout est lent, si lent !
Encore plus tard
Quand vient le soir
Que le temps se pose
Au milieu de mille choses
Et qu’il reste un peu de temps…
Vient le temps du bilan…



Longue vie

On dit que la vie est trop courte. Moi, j’ai dû vivre très longtemps : mon enfance sans téléphone, sans télévision, sans réfrigérateur et sans voiture, c’était au paléolithique !

Promenade

Je me promenais sur les tourbillons de mon cœur, j’y rencontrais des branches cassées et des cimes vertigineuses.

Le rossignol



Un rossignols savait
Sans mauvaise foi
Qu’il avait
Une belle voix.
Il se mit en tête
De s’inviter à la fête
Et de faire entendre
Sa douce mélodie.
Il n’avait pas fini
Son premier chant
Que des mécréants
Voulurent le pendre
On criait, on vociférait :
Il était condamné.
On dit
Que plus jamais
on ne l’entendit
Chanter.
Il en est de même
Pour beaucoup d’entre nous
On bise ceux qu’on aime
On tue ceux qu’on dit fous.



Ne pas courir

L’impatience nous précipite et la vie passe en courant.

Se méfier

À force de nous méfier, nous reste-t-il un peu d’espoir ?

Il est temps..

Il est temps de donner

Et de recevoir

Il est temps de se replier sur soi

Pour mieux s’ouvrir aux autres

Il est temps de pardonner

Après avoir ouvert les yeux

Il est temps d’exister pleinement

Et de penser à ceux qui ne sont plus

Il est temps de chercher

Tout en savourant le bonheur retrouvé

Il est temps de partir ailleurs

Et de tisser le nid des amitiés.

Il est temps de rêver

En gardant les pieds sur terre

Il est temps de chanter

Chaque mot de chaque vers

Il est temps d’aimer

d’aimer encore et de toujours aimer

JMC

La dispute des dieux

Il était une fois, au sommet de la plus haute montagne grecque, sur l’Olympe, un dieu que les hommes avaient appelé Zeus. Depuis des siècles, il se reposait là. De son lit, discrètement caché par un ensemble de cumulus, il pouvait jeter un œil sur le trône qu’il avait installé un peu plus bas. Quelle félicité ! Les hommes avaient renoncé à lui causer des problèmes. Ils avaient abandonné l’Olympe pour aller vers d’autres croyances. Mais il savait qu’il était le maître. Et cela ne le dérangeait pas beaucoup. Héra vaquait à ses occupations domestiques et spirituelles. Aphrodite passait le voir parfois. Elle n’avait jamais trouvé assez de temps pour rester plus longtemps avec lui. Malgré les siècles, elle était toujours aussi belle et faisait toujours autant souffrir les hommes. C’est vrai pourtant que depuis quelques décennies, elle s’occupait davantage de leur bonheur, ce qui n’était pas plus mal. À part ça, Zeus était assez tranquille.

Mais un beau matin aux doigts de rose, il vit monter vers lui un char occupé par des divinités égyptiennes, Isis, Osiris, Amon, et toute une clique d’animaux divins, la vache, le chat, les crocodiles. Tous étaient là et tous demandaient à le voir. On ne saura jamais pourquoi parce qu’arrivèrent à ce moment-là les dieux indiens. On aurait dit qu’un barrage avait cédé parce que Zeus vit arriver en même temps les dieux romains, ses cousins, les Incas, les Mayas, les Inuits ainsi que d’autres délégations un peu plus réduites. Pour ne pas les fâcher, Zeus leur offrit l’hospitalité et leur proposa un grand repas de fête. Il y a de la place dans le domaine des dieux… Mais ils étaient quand même un peu serrés. Le singe Hanumant trouva le moyen de rompre le calme du palais divin. Par pure facétie, il tira la queue de la vache égyptienne Hathor. Celle-ci, humiliée, se retourna et de ses larges cornes l’envoya au-delà des lointains nuages. Toute la famille hindoue en fut courroucée. Bien qu’elle ait du respect pour la déesse vache, Indra fit retentir le plus violent des orages. Ce fut le déclic d’une bataille sauvage et générale. Dieux et déesses s’empoignèrent, se giflèrent et se frappèrent. Boxe, judo et karaté, tout y était. Les boucliers volaient comme des frisbees. Les dieux aztèques se distinguèrent par leur cruauté aussi inacceptable que l’Inquisition espagnole.

C’est à ce moment-là qu’intervint le Père Noël. Il avait quitté sa Laponie chérie dès qu’il avait entendu le tumulte olympien.

Sa voix profonde et caverneuse les surprit tous. Tous les dieux de ce monde se figèrent d’effroi et de peur. Le Père Noel fut assez surpris de son effet, il faut le reconnaître. Mais il profita de son avantage. Il tonna :

– Vous vous comportez encore plus mal que les humains. C’est votre devoir de retrouver le calme et la paix. Et pour ce faire, je vous ai apporté quelque chose que l’on trouve partout sur Terre, une chose merveilleuse…

Il ouvrit la bâche de son traîneau et commença la distribution de pots de miel.

Les dieux remercièrent le Père Noël et, après un repas convivial, ils rentrèrent chez eux. Les plus gourmands avaient déjà sur la langue le goût de la plus douce de toutes les douceurs.

C’est pour se souvenir de cet événement que, depuis lors, le Père Noël vient nous donner un cadeau en signe de paix pendant la nuit du réveillon.

Maison d’une vie

Calendrier de l’Avent : conte du 22 décembre

Il était une fois une maison coquette, simple et bien assise sur un terrain que les arbres fruitiers disputaient aux fleurs et aux plantes aromatiques. C’était une maison du bonheur. Une petite famille y coulait des jours heureux sans même se rendre compte qu’une telle maison est la porte ouverte à toutes les joies. Les parents s’occupaient gentiment de leurs trois enfants qui poussaient sans que personne ne soit obligé de les encourager ou de les réprimander.

Puis vint la guerre. Tout avait commencé avec un président qui ne savait jamais avec qui il fallait travailler. Son intelligence était peut-être un peu trop vive si bien qu’il ne pouvait faire confiance à personne. Les gens utiles et sérieux l’avaient fui. Il ne restait auprès de lui que les ambitieux et les grippe-sous. Les élus du peuple en vinrent à se disputer, à se frapper puis à s’entretuer. Les factions se formèrent, se regroupèrent et entreprirent une véritable guerre.

Parce que le papa avait fait des connaissances impliquées dans le désordre politique, la petite maison coquette fut alors investie par une cellule de stratèges en soulèvements populaires.

Les portes et les fenêtres restèrent longuement fermées. Les platebandes et les buissons furent piétinés, les arbres furent abandonnés. Les fleurs et les fruits jonchaient le sol. Misère ! On ne reconnaissait plus cette maisonnette.

Le papa et le fils aîné furent arrêtés et emprisonnés.

Comme il fallait s’y attendre, une milice déboula un matin dans le jardin. Dix hommes armés entourèrent la maison dans l’espoir de capturer des ennemis. La porte fut fracassée. Les fenêtres furent ouvertes sans ménagement, quelques vitres explosèrent. Les rideaux furent déchirés. La maison était vide depuis longtemps…

La demeure ne résista pas à ce traitement. L’humidité, le vent et la pluie s’installèrent dans les lieux. Les meubles et les poutres apparentes se couvrirent de moisissures. Les insectes y trouvèrent une aubaine et se mirent au travail.

La maison ne tenait plus que par sa volonté de résister et de ne pas attendre la mort. Quand la première tempête hivernale se jeta sur elle, elle ne put retenir une centaines de tuiles du toit qui s’envolèrent comme fétus de paille. Elle commençait à désespérer. Le temps passait et rien ne venait améliorer sa situation. Trois ans de déchirures et de malheurs s’ensuivirent.

Le père fut libéré, puis le fils aîné. Ils rencontrèrent un agent immobilier et mirent la maison en vente. Mais, vu l’état de cette propriété, personne n’était intéressé.

Un soir, dans une autre maison du village, après le repas commun, la maman s’était retrouvée seule dans la cuisine. Elle rangeait les casseroles sans y réfléchir beaucoup… En effet, c’est à son fils qu’elle pensait… Le petit dernier qui avait disparu depuis la guerre… Sa voisine qui était aussi sa meilleure amie, lui demanda la raison de sa tristesse. La maman finit par avouer que son enfant lui manquait beaucoup. L’amie, d’un bras, lui entoura le cou et murmura à son oreille quelque chose de doux certainement, de réconfortant peut-être aussi. La maman se redressa, essuya ses larmes avec un coin de son tablier de cuisine, elle remonta ses manches et se remit au travail.

Un matin d’un nouveau printemps, arriva un fringant jeune homme. Il pénétra dans la propriété déserte. Il chercha au fond d’une poche de sa veste un téléphone.

Il avait suffi de quelques minutes pour que la mère arrive en courant, un immense soleil dans les yeux et un sourire étincelant aux lèvres. Elle se jeta dans ses bras.

Il lui dit :

-Bonjour maman ! Ça y est ! Je suis là. Notre maison n’est plus à vendre. Nous sommes toujours chez nous !

Mars avait arraché les froids nuages et avait ouvert les manteaux. Il faisait doux. La renaissance de la terre fut aussi celle de la maison. Ils revenaient tous les jours, les membres de la famille, les parents éloignés, les amis, mais aussi des artisans et des artistes qui chantaient à tue-tête pour motiver les travailleurs.

La maison renaissait de ses cendres. Elle était vive, pimpante et séduisante. Elle fut terminée et réoccupée aux premiers jours de l’été. Elle était radieuse.